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Archives de la Licence Socio - P7

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7 mars 2012

Dissertation d'économie : La main invisible.

« Si la main invisible semble invisible, c'est qu'elle n'est souvent pas là. » Que faut-il penser de cette affirmation de Joseph Stiglitz?





Dans l'ouvrage d'Adam Smith, Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations, paru en 1776, la métaphore de la main invisible apparaît pour la première fois. Cet économiste classique du XVIIIe siècle mentionne que «l’individu est conduit par une main invisible, à remplir une fin qui n'entre nullement dans ses intérêts ».

Autrement dit, la main invisible est l'idée selon laquelle l'intérêt personnel de chaque individu contribue à l'opulence générale, sans en avoir conscience.

Pour les libéraux, l'Etat ne doit en aucune façon intervenir sur le marché économique, ou le moins possible, car il s'autorégule. Cette idée est apparue lors de la première révolution industrielle (essor économique), mais depuis, la société a bien changé.

En effet, celle-ci a connu des crises économiques (1929 et 2008), mais aussi l'arrivée de la mondialisation. Joseph Stiglitz (économiste keynésien et prix Nobel d'économie en 2001) nous propose de réfléchir sur les limites de la main invisible. En d'autres termes, il s'agit d'observer jusqu'où cette croyance libérale peut aller et si elle est toujours d'actualité. Nous pouvons donc nous demander, dans quelle mesure le système libéral conduit-il nécessairement à l'opulence générale ?

Pour cela, nous procéderons en trois parties. Dans la première, il sera question d'analyser le concept de la main invisible à l'époque de Smith. Puis dans la deuxième, nous constaterons le dysfonctionnement de ce concept, c'est-à-dire les limites de cette métaphore. Enfin, dans une dernière partie, nous nous pencherons sur les solutions que les Etats adoptent pour tenter de rétablir le marché économique lorsque celui-ci ne se ne régule plus de lui même. Il sera question dans cette dernière partie, de voir si les réformes politiques misent en place par l'Etat après les crises de 1929 et de 2008 ont bien réussit à rétablir l'économie.









Tout d'abord, il est important d'analyser la métaphore de la main invisible de Smith. En 1776, comme nous l'avons mentionné dans l'introduction, Smith publie son ouvrage phare: Recherches sur les causes et la nature de la richesse des nations. Il y explique les bienfaits de la division du travail, mais aussi le concept de la main invisible. En effet, pour lui l'addition de chaque intérêt personnel contribue à l'opulence générale dont le résultat est atteint inconsciemment. Pour soutenir cette idée, il écrit dans son œuvre que « ce n’est pas de la bienveillancedu boucher, du marchand de bière et du boulanger que nous attendons notre dîner, mais bien du soin qu’ils apportent à leurs intérêts. Nous ne nous adressons pas à leur humanité, mais à leur égoïsme ; et ce n’est jamais de nos besoins que nous leur parlons, c’est toujours à leur avantage ». Par exemple, pour aller dans le même sens que Smith, nous pouvons remarquer que le PIB (produit intérieur brut) d'un pays de société capitaliste au XVIIIe siècle augmente au fur et à mesure que les individus maximisent leurs intérêts personnels. C'est aussi à cette époque que le capitalisme connaît son essor. En effet, durant cette époque (entre 1830 et 1896), l'industrialisation et le progrès technique se développent grandement. On parle alors de révolution industrielle, dont l'origine se situe au Royaume-Uni. Adam Smith mentionne toujours dans le même ouvrage les bienfaits de la division du travail grâce à son illustration de la manufacture d'épingles. Ainsi « la division du travail aussi loin qu'elle peut être portée amène un accroissement proportionnel dans la puissance productive du travail ».

De même, dans son optique d'économiste libérale, Smith, s'oppose à l'intervention de l'Etat dans l'économie. Pour lui, le marché économique fonctionne très bien de lui-même, sans que l'Etat ne vienne le réguler. Pour les libéraux, la liberté doit régner dans le système économique. Cependant Smith pense que cette liberté a une restriction, l'Etat doit tout de même encadrer et être garant du domaine de l'éducation pour assurer un minimum de culture des futurs travailleurs. En d'autres termes, Smith explique que l'école privée n'est pas forcément suffisante aux développements d'une économie libérale. Il reconnaît donc l'existence de fonctions régaliennes à l'Etat (dont l'éducation).

Cependant, entre le XVIIIe siècle et aujourd'hui, on constate une grande évolution au niveau économique et social. La structure des sociétés développées a évolué vers une production de services plutôt que de biens. La mondialisation a aussi fait son apparition. Il est survenu un changement de paradigme au niveau économique entre la création de la main invisible et aujourd'hui. En effet, plusieurs courants de pensées se sont succédé depuis l'origine du libéralisme. La crise économique de 1929, survenue aux Etats-Unis, confirme que le système libéral peut engendrer des « catastrophes ». Aussi, dans son affirmation, Stiglitz remet en cause le fonctionnement de la main invisible. Cet économiste contemporain renommé a été vice-président de la Banque mondiale de 1997 à 2000. Il a démissionné de son poste trouvant que le fonctionnement de l'économie n'allait pas dans le bon sens. Stiglitz annonçait une tendance à la crise financière survenue en 2008. Il pose à l'époque des limites à la main invisible dans le livre qu'il écrit, Quand le capitalisme perd la tête, paru en 2003 aux éditions Fayard. Cela nous amène donc à nous rendre compte que le mythe de la main invisible a ses limites, notamment dans la société actuelle.









Voyons donc dans une deuxième partie les limites de la main invisible. En effet, l'opulence générale n'est pas toujours atteinte. Prenons donc pour exemple la crise financière survenue en 2008. Celle-ci a pour cause la faillite de la banque de Lehman Brothers aux Etats-Unis. La crise monétaire de 1929 mettait au jour le dysfonctionnement du système économique de l'époque. Ainsi, quand la bourse financière de Wall Street aux Etats-Unis s'effondre, les autres banques dans le monde font faillite comme la banque autrichienne Creditanstalt en 1931. John Maynard Keynes (1883-1946) écrit un ouvrage mettant en lumière les effets de cette crise bancaire : Théorie générale, de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie, paru en 1936. Cet économiste créa un nouveau courant de pensée : le keynésianisme. Même s'il est capitaliste, Keynes est pour l'intervention de l'Etat dans le système économique quand celui-ci rencontre des difficultés et, d'autre part, il rend compte d'une demande effective, c'est-à-dire que l'offre doit anticiper la demande et non l'inverse. D'où, déjà en 1929, l'économie capitaliste était remise en question, du fait que l'équilibre du marché ne soit plus apparent. Il y a donc un changement de paradigme au XXe siècle en économie. Le libéralisme n'est plus le courant de pensée majeur à son époque. Des réformes étatiques sont d'ailleurs promulguées afin de redresser l'économie. Le plein emploi n'étant pas assuré à cette époque, Keynes participe à la conférence de Bretton-Woods en 1944. Le Fonds monétaire international est créé (FMI) afin de rétablir l'économie entre autre. En effet, les deux crises que nous avons citées possèdent la même cause : une faille dans la Bourse. Actuellement, les pays occidentaux connaissent une période d'austérité du fait que l'Etat intervienne pour rétablir l'économie du marché.

Continuons dans ce sens en relevant un autre exemple : l'absence de feux de signalisation pour les automobilistes. Si les feux ne fonctionnent plus, alors, il n'y a plus de régulation pour indiquer à chaque automobiliste la règle routière qu'il doit suivre. D'ailleurs, Joseph Aloïs Shumpeter (économiste hétérodoxe autrichien du XXe siècle) écrivait dans Capitalisme, socialisme et démocratie (1942), que « les automobiles parce qu'elles sont munies de freins roulent plus vite que si elles en étaient dépourvues ». Cette citation du milieu du XXe siècle nous montre que des règles et des contraintes sont nécessaires au bon fonctionnement de la vie en collectivité. Il y aura embouteillage s'il y a panne de feu rouge car chaque individu est conduit par son intérêt propre. Cependant, ce dernier ne conduit pas à l'opulence générale dont parlait Smith, car il y a embouteillage. Dans ce cas, la liberté de circuler suppose nécessairement une régulation. Nous pouvons prendre un autre exemple : celui de l'épargne des ménages en tant de crise. L'argent épargné ne conduit pas au redressement de l'économie de l'Etat. Autrement dit, pour que l'économie se redresse, il faudrait que les ménages consomment davantage afin de relancer l'économie. Toutefois, il est important de réguler la circulation routière, d'une façon convenable pour que celle-ci soit fluide. Ces deux illustrations exploitées dans la deuxième partie montrent qu'une régulation étatique est nécessaire dans une société. Pour que chaque individu jouisse de sa liberté, alors il doit être contraint de suivre des règles. L'intervention de l'Etat est toutefois refusée par certains économistes. Hayek, économiste néolibéral, parle d'un Etat « liberticide ». En effet, il explique que la redistribution freine une partie de l'épargne des ménages car la dépense est socialisée (pour les cotisations sociales notamment). Il insiste sur le fait que l'Etat a des intérêts particuliers différents de ceux des individus. Cela montre bien que les avis concernant la main invisible sont partagés en économie et ne représentent pas un consensus dans ce domaine. C'est pourquoi, dans une dernière partie, nous décidons de nous pencher sur les différents avis économiques concernant le concept libéral de la main invisible.









Observons donc le point de vue de l'analyse keynésienne concernant la thèse du libéralisme. Le mouvement keynésien qui est apparut à la suite de la crise de 1929 a son avis sur la question comme nous avons pu le voir dans la seconde partie. Ce courant rend donc part d'une rupture avec l'économie libérale classique. En effet, il est pour l'intervention de l'Etat sur le marché économique quand celui-ci rencontre des difficultés. Il écrit qu'« on ne saurait déduire des principes de l'économie politique que l'intérêt personnel dûment éclairé œuvre toujours au service de l'intérêt général. Il n'est même pas vrai que l'intérêt personnel soit éclairé » dans son ouvrage écrit en 1924 : La fin du laisser-faire. Sa déclaration montre bien qu'il est favorable à une intervention étatique dans le but d'atteindre l'opulence générale. On voit donc que pour lui le domaine de la finance ne peut fonctionner selon ses propres règles. Aussi, suite à la crise survenue en 1929, avec le New Deal proposé par Roosevelt, proposa ce concept lors de la Convention du parti démocrate à Chicago en 1933. Ce dernier est le titre d'un ouvrage écrit par Stuart Clase en 1932. Les réformes du New Deal ont donc pour objectif de pallier aux conséquences survenues avec la crise de 1929. Pour cela, l'étalon d'or (la mesure monétaire aux Etats-Unis) est abandonné. Les différents présidents de l'époque se réunissent ainsi que John Maynard Keynes pour venir au secours des banques.



Plus récemment, en 2008, la société capitaliste connut aussi une crise boursière. Les banques sont encore responsables de celle-ci. Des prêts hypothécaires ont été accordés par les banques aux Etats-Unis (les subprimes) aux ménages Américains déjà endettés. Ceci a induit un endettement des clients de la banque et donc un endettement de la banque elle même. Actuellement, l'économie est dans une période de récession (après la crise). Pour cela, un plan d'austérité a été mis en place par les Etats. Celui ci consiste à réduire les dépenses publiques et de contrôler les revenus et les prix des biens et des services émis sur le marché.. Ces réformes ne sont pas toutes les mêmes suivant les pays. Le journal La Dépêche, le 13 octobre 2008 titre que « la France annonce un plan de secours aux banques de 360 milliards d'euros ». L'Etat français avec cette réforme instituée par N. Sarkozy est donc en train de se mettre en déficit. Mais il n'est pas le seul à adopter ce plan d'austérité, car c'est un plan européen. Plusieurs sommet réunissant les présidents européens actuels dont Angela Merckel pour l'Allemagne,Berlusconi pour l'Italie et N. Sarkozy pour la France et d'autres. D'autre part, l'affirmation de Stiglitz nous renvoie à l'époque actuelle. Cet économiste observe que les politiques misent en place récemment ne sont pas bénéfique pour la relance de l'économie. En effet, déjà en 2002, Stiglitz avait publié un ouvrage intitulé La grande désillusion parut aux éditions Fayard. Cet économiste parle alors des effets pervers de la mondialisation dans le système économique. Huit ans plus tard, il publie un autre livre, Le triomphe de la cupidité édité aux éditions les liens qui libèrent et paru en février 2010. Dans celui-ci, Stiglitz annonce les éventuelles conséquences de la crise économique sur les sociétés capitalistes. Nous ne pouvons pas encore nous rendre compte des conséquences de la crise de 2008, même si l'on connait aujourd'hui une période de relance économique.









Finalement dans notre développement, nous avons pu voir que la conception de la main invisible et plus globalement la théorie libérale a fonctionné durant une période dans la société. Celle-ci n'était pas remise en question. Il a fallu qu'une première crise économique intervienne au niveau mondial pour qu'un nouveau courant de pensée (le keynésianisme) apparaisse et remette en cause le fonctionnement du marché. Il est survenu un changement de paradigme. Ceci montre que l'économie change d'une société à l'autre, et dépend nécessairement de l'époque à laquelle elle appartient. Malgré cela, des théories économiques refont surfaces. Le néolibéralisme se développe lors de la crise keynésienne apparue dans les années 1980. Malgré cela, nous pouvons penser que l'intervention de l'Etat est aujourd'hui nécessaire au niveau économique, car sinon, l'économie mondiale s'effondrerait. Stiglitz a raison de souligner que « la main invisible […] n'est plus souvent là ». Il nous amène a repenser l'économie, c'est à dire à revoir l'économie capitaliste et à la faire évoluer, ce qui permettrait à l'économie d'émerger à nouveau. Du coup, faut il repenser l'économie qui est présente actuellement dans le monde ? Cette question est en train de se poser vu les circonstances actuelles concernant ce domaine.

Bibliographie





Sciences économiques et sociales Nouveau manuel, édition la découverte (troisième édition). Sous la direction de Pascal Combemale et Jean-Paul Piriou paru en 2003



Site internet d'Encyclopedia universalis.

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7 mars 2012

Dissertation de philosophie : Peut-on dire que l'humanisme constitue la plus haute valeur qui soit donnée à l'Homme ? [2]

Peut on dire que l'humanisme constitue la plus haute valeur qui soit donnée à l'homme?

 

 

 

 

 

Le terme humanisme renvoie à un courant philosophique apparut dès la fin du Xvème siècle en Europe Occidentale et plus particulièrement en Italie et en France. Il s'agit avec ce courant d'affirmer que la dignité de l'homme est la valeur la plus suprême de l'homme. Il représente aussi le siècle des Lumières en France et en Allemagne (Aufklärung), avec comme devise « Sapere Aude », ce qui signifie Ose savoir. Il a pour but de délivrer l'homme de ses doutes et de l'amener à la vérité, c'est à dire que la scolastique présente au moyen Age est remise en cause. Il s'agit de libérer l'homme des fausses connaissance, par exemple avec la thèse de l'héliocentrisme démontrée par Galilée au XVIIème siècle. L'homme et les valeurs humaines sont donc placées au dessus de toutes les autres valeurs qui existes. Ceci nécessite une éducation par les humanités. L'humanisme n'est donc pas une vertu innée à l'homme, mais bien une acquisition. Il doit donc y avoir toute un enseignement donné pour faire vivre l'humanisme. Au cours de l'Histoire du XXème siècle, on observe des guerres mondiales ainsi que des dictatures telles que le Stalinisme en URSS. L'homme n'est donc plus libre puisque d'autres être humain génèrent des misères dans l'humanité avec la découverte des camps de concentration et d'extermination à la en 1945, mais aussi, de Goulag en URSS. Les évènements du siècle dernier nous invitent donc à nous interroger. Dans quelle mesure l'humanisme se révèle être la plus haute valeur humaine? Nous procéderons en trois parties: dans une première, nous verrons que l'humanisme à ses débuts se révélait comme être pleine de bons sens (période du XVème au XXème siècle). Il s'agira dans cette partie de voir comment les philosophes tels que de la Mirandole, Descartes, Kant ou encore Marx présentaient et croyaient en l'humanisme à leur époque. Dans une seconde, nous observerons que ce courant atteint ses limites avec les évènements survenus au XXème siècle Enfin dans une dernière partie, nous verrons comment l'humanisme a été repensé suite à la crise que ce courant philosophique a connu.

 

 

 

Au XVème les humanistes redécouvrent les textes des anciens (à la période de l'Antiquité). En effet, Jean Pic de la Mirandole (1463-1494) écrit dans son ouvrage De la Dignité humaine, « j'ai lu dans les écrits des Arabes (…), qu'(on) ne voyait rien de plus admirable que l'homme ». Cela signifie que la place de l'être humain devient centrale et primordiale contrairement à l'époque de l'obscurantisme présente au Moyen Age. En effet, avant le XVème siècle, la scolastique, dogme religieux était enseignée. Cet enseignement faisait référence aux divioneres literrae, c'est à dire à une théorie essentiellement basée sur la religion à travers la Bible et de l'Ancien Testament. Il était prodigué par les hommes d'église comme les Jésuites. Puis, avec l'apparition du courant humaniste une autre forme d'enseignement voit le jour, les Humaniores Literrae, qui lui repose sur le savoir et la connaissance des écrits non sacrés comme la poésie, la littérature ainsi que les sciences. Les humanités étaient transmissent par les professeurs d'école entre autre.

D'ailleurs nous pouvons nous référer à la vie de René Descartes (1596-1650) qui nous permet de voir l'évolution du changement de penser. Ce philosophe Français suivit durant son enfance un enseignement scolastique au collège de la Flèche par les Jésuites. Il voulait se libérer de l'éducation qu'il avait eut et qui selon lui était dogmatique. Quand il eut finit de faire ses études, il remis en cause tout l'enseignement qui lui avait été donné à part la matière des mathématiques, « à cause de la certitude et de l'évidence de leurs raisons », explique-t-il dans la première partie du Discours de la méthode, parut en 1637. C'est dans la deuxième partie du même ouvrage qu'il met en place quatre préceptes afin d'accéder à la vérité. Le premier est « de ne recevoir jamais quelque chose pour vraie », le second est de « diviser chacune des difficultés (…), en autant de parcelles qu'il se pourrait ». Le troisième s'attache à suivre un « ordre de pensés, en commençant (par) les plus simples (…), pour monter peu peu, (…) jusques à la connaissance des plus composés ». Enfin, le dernier précepte énoncé par Descartes est d' « être assuré de ne rien omettre », en se relisant. Le titre entier de son ouvrage, Discours de la méthode pour bien conduire sa raison et chercher la vérité dans les sciences montre bien que ce philosophe croit seulement à la vérité du domaine des mathématiques et non dans la scolastique. De plus, la célèbre notion du cogito ergo sum du même philosophe signifie « je pense donc je suis » peut se révéler être une notion humanisme puisque le doute cartésien remet tout en cause (matière, essence etc), à part le fait que l'homme pense. Cela signifie que l'homme existe et donc est essentiel. L'être humain doit du coup sortir de la science dogmatique pour se baser sur la science expérimentale, qui elle fait référence à la vérité. Le concept du « je pense donc je suis » universalise l'homme. Emmanuel Kant philosophe des Lumières Allemand, prolongera la pensée de Descartes, en affirmant que « posséder le Je (…) élève l'homme infiniment au-dessus de tous les autres être vivants sur la Terre ».

Emmanuel Kant (1724-1804), fit partie du mouvement de l'Aufklärung (le siècle des Lumières en Allemagne. Dans Anthropologie d'un point de vue pragmatique, publié en 1798, Kant s'intéresse à la place de l'homme dans le monde. Il notifiait qu' « en ce monde, l'objet le plus important auquel il puisse en faire l'application, c'est l'homme ». Kant comme tous les humanismes considère que l'homme est doté de raison donc est un être de raison. Il fait relie le mot anthropologie à la connaissance de l'homme « comme citoyen du monde ». Il a comme principe avec l'anthropologie, le fait de sortir l'homme de son état de mineur (homme non mature) à l'état de majeur (homme mature). En d'autres termes, cela signifie que l'homme, grâce à une connaissance de lui même, atteindra la majorité et donc sortira de la période de l'obscurantisme du Moyen-Age. En 1800 dans l'introduction de son ouvrage Logique, Kant établie quatre questions qui se rapportent toutes au domaine de la philosophie. La première « que puis-je savoir »concerne la philosophie de la métaphysique, la seconde, « que dois-je faire? » traite de la morale, la troisième, « que m'est il permis d'espérer? » se rapporte à la religion et enfin la quatrième « qu'est ce que l'homme? », à l'anthropologie. On peut observer dans les trois premières,que le pronom personnel de la première personne du singulier « je », alors que la dernière est d'ordre général avec un article indéfini, « l' ». Aussi au final, les trois premières interrogations se rapportent à la dernière, « qu'est ce que l'homme? ». Quelques années plus tard, en 1803, le même philosophe se penchera sur l'atteinte de la « destination finale » de l'homme. Il parle alors d'un processus de perfection dansRéflexions sur l'Éducation. Cela signifie que l'homme doit sans cesse s'éduquer de lui même suite à la propre éducation qu'il a reçue.

De même, avec l'apparition du capitalisme et de l'instauration de la division du travail après la Révolution industrielle, Karl Marx, économiste et philosophe promeut la liberté de l'homme ouvrier face aux capitalistes. En effet, dans Manuscrits de 1844, publié en 1844, il aborde le rapport d'exploitation qui existe entre les prolétaires, les hommes possédant leur force de travail et les capitalistes qui eux, sont propriétaires des moyens de production. Ceci révèle l'aliénation de l'homme, qui selon lui est néfaste à l'essence humaine. Marx est le précurseur du marxisme qui a pour but de supprimer l'aliénation de l'homme dans les rapport de travail, et donc de supprimer les rapports de dominants et de dominés. Il s'agit donc d'une vision humaniste dans la mesure où Marx parle de délivrer l'homme de ce rapport.

 

Cependant, au XXème siècle, on voit apparaître des guerres, telles que la première guerre mondiale, la seconde guerre (1914-1918 et 1939-1945 respectivement), ainsi qu'une dictature comme le Stalinisme en URSS. Ce dernier fait, opérait une politique communisme, proche des idées que développaient Marx. Néanmoins, elle glissa vers un totalitarisme avec la création de Goulags (camp de travail), une interdiction du droit d'expression, ainsi que le culte de la personnalité de Staline. Tout ceci nous montre que l'humanisme au sens des philosophes des Lumières et de Descartes, n'existe plus au XXème siècle. Ce courant connait donc ses limites durant se siècle, et ne valorise plus l'homme comme avant du fait des actes inhumains. Il s'agit du coup dans cette deuxième partie de rendre compte du tournant du courant humaniste. Un critique de l'humanisme naît : l'anti humanisme à partir de la « seconde jeunesse de Marx ».

 

 

 

L'humanisme au XXème siècle va être remis en question, par différents philosophes. Par exemple, Louis Athusser, (1918-1990)philosophe Français, remet en cause le marxisme comme étant un humanisme. En effet, durant les années 1960, ce penseur appartient au Partie Communiste, dans un ouvrage qu'il écrit avec ses élèves, Lire le Capital. Il est question dans celui ci de faire une relecture de l'ouvrage écrit par Marx, Le Capital. Selon Althusser, Marx connait deux périodes dans sa vie, celle dite de sa jeunesse entre 1842 et 1844 et celle d'après 1844. En effet dans la première période de sa vie, Athusser explique que la pensée Marxisme était un humanisme dans la mesure où Karl Marx s'intéressait à la question de savoir comment délivrer l'homme de l'aliénation qui exista avec l'instauration du capitalisme. Nous avons déjà développé cela dans la première partie. Durant la seconde période de la vie de Marx, ce dernier se tourne peu à peu vers la politique, et donc en cela, le marxisme n'est plus un humanisme. En 1845, il est amené à rencontrer la classe ouvrière. Selon Athusser, Marx aurait connut à cette époque une « coupure épistémologique ». Marx s'intéressait d'avantage à l'histoire de la société et à la politique plus qu'à la philosophie, d'où Marx se dirige vers un autre domaine.

Althusser est influencé par Martin Heidegger (1889-1976). En effet, ce dernier a écrit Lettre sur l'humanisme en 1947, ce qui aurait conforté Althusser sur son penchant qu'est l'anti humanisme. Heidegger, philosophe Allemand, écrit peu de temps après la parution de son ouvrage, une lettre à Beaufret (philosophe et résistant Français). En 1946, Beauffret et Heidegger se rencontrent, et il paraitrait que Beauffret demanda à Heidegger : « comment redonner sens au mot humanisme? ».

Pour comprendre pourquoi s'interroge sur l'humanisme, il faut se rendre compte du contexte historique de l'époque. La seconde guerre mondiale (1939-1945) venait de se terminer. Il y eut des découvertes atroces comme les camps de concentration et d'extermination, mais aussi un bilan effroyable concernant le nombre de tuer pendant cette guerre totale. Aussi, durant l'existence de l'union soviétique en URSS, Staline fut à l'origine de projets consistants à moderniser ce pays par l'industrie. Du coup, le Stalinisme mobilisa beaucoup d'hommes, sans n'avoir aucune considération d'eux. Le Stalinisme était donc un régime totalitaire avec en plus le culte de la personnalité instauré en plus de la création de Goulag dans le nord de la Sibérie.

Heidegger publie avant la seconde guerre mondiale Etre et Etant. Cet ouvrage va être lue par Sartre qui va en faire une traduction : L'être et le néant en 1943. Aussi Jean Paul Sartre, philosophe Français (1905-1980) donne une conférence à la suite de cette traduction qui a pour intitulé, L'existentialisme est un humanisme. Heidegger définissait la notion de DASEIN comme l'être là, alors que Sartre fit d'après Heidegger une mauvaise interprétation de ce terme qu'il avait traduit par réalité humaine. De ce fait, il y a un quiproquo entre les deux philosophes et Heidegger déclare que Sartre n'a pas compris sa philosophie.

Durant ces années d'après guerre, l'humanisme est repensé. Il y a toute une réflexion sur ce qu'est l'être humain. L'idée philosophique qui se met en place est donc de dire que ce qui est essentiel ce n'est pas l'homme mais l'être. Il faut que les hommes s'intéressent à leur être intérieur. Les atrocités de la seconde guerre mondiale sont qualifiées de 'barbares', or, l'humain et plus particulièrement l'humanisme est opposé à cette barbarie. D'où l'homme est en dehors de sa propre essence à cette époque. Les philosophes s'attachent donc à veiller à ce que l'humain ne soit pas en dehors de son essence. Cette dernière peut représenter la valeur humaine. C'est pourquoi, on voit apparaître le terme ek-sistence d'Heidegger. En effet, cela signifie selon lui que l'homme est l'étant ouvert à l'être.

 

 

 

Cet anti humanisme développé dans la seconde partie, nous montre que ce courant connait des limites, cependant, le terme 'humanisme' est encore employé dans les journaux et à la télévision de nos jours. Ainsi, le concept d'humanisme n'a pas disparu. Il a été repensé d'une autre manière. Cette fois ci l'être le « moi » existe et est conscient grâce au regard d'autrui. Voyons donc dans un dernier point comment Emmanuel Lévinas à la fin des années 1980 redonnait sens au terme humanisme.

 

 

 

« Personne ne peut rester en soi : l'humanité de l'homme, la subjectivité, est une responsabilité pour les autres, une vulnérabilité extrême ». Voici ce qu'écrivait Emmanuel Lévinas (1906-1995) dans L'Humanisme de l'autre homme, publié en 1972. Ce philosophe Français et d'origine Lituanienne, considéra que la question que posait Emmanuel Kant, « qu'est ce que l'homme ? » ne pouvait pas avoir de réponse précise étant donné que personne n'arrivait et n'arrive encore à définir ce qu'est un homme. D'où cette question posée au début du XIXème siècle ne trouve à ce jour toujours pas de réponse. Emmanuel Lévinas propose alors de poser une autre question, comme : qu'est ce que l'humain? Pour Emmanuel Lévinas, la notion d'homme se d'éclaircie quand il y des relations humaines entre les être humains. Ainsi, le terme humain prend un sens éthique et non anthropologique comme le proposait Kant à son époque. Lévinas affirme que « l'autre se présente à moi comme visage ». Il veut parler par exemple du moment où, deux hommes discutent ensemble et ont donc une relation de face à face. L'humanisme est ainsi retrouver grâce à l'ouverture sur autrui. C'est à dire que l'homme ayant conscience qu'il vit avec autrui, devient en cela humaniste. Dans son ouvrage Ethique et Infini, Dialogues avec Philippe Meno, Lévinas s'explique sur sa vision de la relation à autrui. Il s'agit donc avec la philosophie de Lévinas d'insister sur l'humain en tant que tel. C'est donc autrui qui nous rend humaniste (bienveillant).

Continuons à expliquer l'humanisme du point de vue de la conscience de l'homme grâce à la présence d'autrui. Emmanuel Mounier, dans Le personnalisme (1949), déclare que « la personne nous apparaît aussi comme une personne dirigée vers le monde et les autres personnes, sans bornes mêlée à eux, en perspective d'universalité ». Cela signifie que la conscience de soit ne se ressent qu'avec le rapport d'autrui et nous permet de nous ouvrir au monde qui nous entoure. Cela nous permet donc de différencier l'être de l'objet.

Cette différenciation est expliqué par Hannah Arendt dans La Pensée (1981). Elle explique que la présence d'autrui est indispensable à la conscience de soi-même et donc à la réalité de soit-même. La notion du COGITO de Descartes, le fameux « je pense donc je suis » selon cette philosophe. Elle dit que les « cogitationes ne se concrétisent en langage parlé ou écrit prévu pour un auditeur ou un lecteur ». Autrement dit, on existe que par l'autre, et le fait que l'on extériorise et que l'on partage notre pensée intérieure.

 

 

 

Nous avons pu nous rendre compte suite au développement entreprit, que le courant philosophique qu'est l'humanisme a connu son développement du XVème siècle au XIXème siècle avec la question anthropologique de Kant, peut-être trop ambitieuse à savoir qu'est ce que l'homme? Suite à cela, le courant humaniste a évolué. Certains philosophes du XXème siècle étaient contre cette idée d'humanisme d'où une critique de l'humanisme a vu le jour. Les guerres totales survenues à cette période reflètent ce point de vue sceptique. Puis, vers la fin du XXème siècle l'humanisme a été analyser autrement. Il n'était plus question de savoir ce qu'était l'homme mais bien de s'intéresser à l'être, l'individu et cela par la présence d'autrui. Pourtant l'humanisme est-il une idéologie sachant qu'aujourd'hui encore des guerres éclatent dans le monde? Une autre question que nous pouvons poser : le concept de l'humanisme n'est il pas différent selon que l'on soit un homme habitant en Occident ou en Orient étant donné la pluralité de conscience qu'il existe de l'être humain?

 

 

7 mars 2012

Dossier pour l'UE libre Engagement étudiant.

 

Étudiante en licence 1 de sociologie à Paris Diderot (P.7).

 

 

Sommaire

 

-I- Historique et but de l'AFEV P. 2 et 3

 

 

 

 

 

-II- Mon rôle au sein de l'AFEV et les expériences retenues P.3-4

 

 

 

 

 

-III- Les différents évènements réalisés par l'association P. ….

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'AFEV est le sigle de l'Association pour la Fondation Étudiante pour la Ville. Elle fut créée il y a maintenant 20 ans, c'est à dire en 1991. A l'origine, trois étudiants Parisiens ont décidé de se joindre afin d'aider trois ou quatre enfants qui étaient en difficulté scolaire. Cette association regroupe et recherche des bénévoles pour accompagner un ou une jeune durant une année scolaire. Plus largement, elle a pour but de pallier aux inégalités apparentes entre les différentes populations et plus spécialement dans les quartiers populaires. Aussi, il y a un échange effectué entre deux générations et populations différentes, d'une part, les étudiants rencontrent les enfants ou jeunes, et d'autre part, les étudiants ne sont pas forcément issus du même milieu social que le jeune qu'ils sont amenés à accompagner durant un an.

 

Pour cela, il y a différents accompagnements possibles répertoriés par type :

  • l'accompagnement individuel,

  • l'accompagnement à la lecture pour les enfants âgés de 5 ans ou plus,

  • l'accompagnement en primaire

  • l'accompagnement en collège qui concerne l'orientation.

 

Il y a encore d'autres types d'accompagnements axés sur le public dit fragilisé. Ceux là concernent des enfants qui sont malades du sida (trad le mouton), mais aussi Juniors Solidarisés (enfants qui vivent dans la rue).

Ainsi, l'étudiant bénévole a un choix à faire selon ses envies, mais aussi selon le profil de l'enfant qu'il veut accompagner toute l'année scolaire (de septembre à juin ou juillet) pour faire en sorte que le binôme créé s'accorde au mieux et puisse en tirer une expérience.

 

Depuis l'AFEV s'est développée dans différentes villes de France comme Marseille, Lille, Toulouse Clermont-Ferrand ou encore La Réunion par exemple. En 2009 on comptait environ 7500 bénévoles dans toute la France pour l'accompagnement d'environ 10 000 jeunes. Cette association représente aussi le premier réseau national d'intervention étudiante solidaire.

 

 

 

Je vais plus précisément parler de l'AFEV Paris dans mes autres développements, étant donné que durant l'année 2010-2011, j'ai été bénévole dans cette association localisée à Paris. Concernant l'effectif de bénévoles, on en dénombre environ 350. Les accompagnements sont effectués dans 8 arrondissements de Paris (le 10ème, le 11ème, le 13ème, le 14ème,le17ème, le 18ème, le 19ème et le 20ème). Pour cela, l'AFEV est composée d'une équipe hiérarchisée. Il y a quatre salariés (une déléguée territoriale du pôle parisien et trois chargés de développement local). Ces quatre personnes s'occupent aussi bien des évènements de l'association que de gérer les coopérations entre les écoles, collèges ou lycées dans des quartiers définis. Aussi une association nationale est chargée de la Direction des Ressources Humaines, mais aussi de la comptabilité. Elle siège sur Paris et est reliée à l'AFEV.

 

D'autre part, l'équipe de l'AFEV Paris est aussi composée de neuf volontaires qui sont chargés d'informer les bénévoles, mais aussi d'organiser des événements (nous en parlerons dans la troisième partie plus précisément). Cette équipe siège dans un local situé dans le 20ème, et possèdent des bureaux qu'ils se partagent. Ils sont aussi responsables d'arrondissements déterminés.

 

Continuons dans notre perspective de décrire et d'énumérer la hiérarchie de l'association au niveau des membres. Suite aux volontaires, les membres bénévoles, qui s'engagent pour une durée de un an ou plus via l'engagement étudiant ou par d'autres biais sont directement en lien avec les jeunes qui doivent être accompagnés. En ce qui les concerne, ils rencontrent les volontaires en se rendant au local de l'AFEV, pour avoir une discussion sur les principes et l'éthique de l'association. Ils choisissent alors un type d'engagement qui leur correspondent comme nous avons pu le mentionner plus haut. Puis vient l'heure de signer la charte de l'engagement au niveau de l'association et font aussi remplir la charte de l'engagement étudiant qui leur est transmise dans leur université ou de leur BTS. En ce qui concerne les autres bénévoles qui eux ne sont pas étudiants, mais qui travaillent, ils n'ont qu'une charte à signer au niveau de l'AFEV.

 

Nous avons ainsi dans un premier développement retracé l'historique de l'association qu'est l'AFEV, mais aussi parlé des motivations de celle ci. C'est à dire de trouver des moyens qui réduiraient les inégalités scolaires entre les élèves issus de quartiers difficiles et scolarisés dans des établissements de Zone Éducative Prioritaire ou tout simplement sensibles. Il faut remarquer que depuis la création de l'AFEV, les jeunes qui ont été accompagnés ou ceux qui le sont actuellement, ont des capacités et suite à cette aide apportée par un bénévole qu'il soit étudiant ou salarié, des progressions au niveau de la réflexion, de la facilité à la compréhension ou même des notes se font ressentir.

 

 

 

 

A présent, je vais expliquer mon rôle au sein de l'AFEV, mais aussi les expériences qui en sont issus, et bien sur mon point de vue sur les jeunes que j'ai pu accompagner.

 

J'ai connu l'AFEV durant la journée des associations organisée au début de l'année à l'université Paris Diderot. J'avais déjà lu une présentation de celle-ci dans le fascicule de la faculté où je suis mes études. Je suis en licence 1 de sociologie, et suis aussi animatrice dans des colonies de vacances ou dans des centres de loisirs. D'où le contact avec les enfants m'intéresse tout particulièrement. De là, j'ai pu discuter avec une volontaire qui m'a présenté son association. J'ai décider de m'inscrire dans cette association en tant que bénévole.

 

Deux semaines plus tard, un volontaire de l'AFEV m'a rappelé afin que nous fixions une date pour que je me rende au local de l'AFEV et que je puisse signer la charte « Afévienne ». Je suis venue en octobre, et j'ai choisi de suivre un accompagnement individualisé avec un collégien. A ce moment, je n'avais pas encore le nom ni le prénom du jeune, mais je savais qu'il était d'origine Sri Lankaise et qu'il était scolarisé en 4ème dans le collège Robert Doisneau dans le 20ème arrondissement. En début novembre, nous nous sommes donc donnés rendez-vous avec d'autres bénévoles étudiants ainsi que la responsable des accompagnements du 20ème arrondissement pour rencontrer les jeunes. Nous nous sommes vus, pour la première fois dans une salle de classe, située dans le collège du jeune. Au début la volontaire a pris quelques minutes pour expliquer aux parents et aux jeunes le but de l'AFEV.

Le jeune que j'ai rencontré s'appelle Pramyam. Il est âgé de 13 ans et est en 4ème. En accord avec sa mère, nous avons fixé l'aide hebdomadaire le mercredi après-midi, durant deux heures à son domicile.

La semaine suivante, l'accompagnement a ainsi commencé, au début nous ne nous connaissions pas du tout, et ce n'était pas évident pour l'un comme pour l'autre. Le fait de m'accueillir chez lui, il m'ouvrait ainsi les portes de sa culture (Sri Lankaise), mais aussi de son environnement. Il a ressenti un besoin d'aide en Histoire-Géographie et en français. Le premier exercice scolaire que nous avons fait était celui de nommer les actions des temps verbaux. J'ai très vite vu qu'il n'était pas à l'aise, et du coup, je lui ai proposé de faire abstraction de son livre et de sa leçon pour faire un exercice oral. Je lui ait proposé d'imaginer une scène de son film préféré, et d'observer les différentes plans des personnages. Il a pu ainsi avoir une vision d'ensemble et non plus des termes accolés aux actions des verbes, comme par exemple verbe à l'imparfait désignant une habitude, ou encore verbe au présent se référent à une vérité générale.

 

Les semaines suivantes nous nous sommes vu comme il était prévu, mais j'ai très vite senti que cet accompagnement ne lui convenait pas. L'FEV a pour but d'aider scolairement les jeunes, mais aussi de leur proposer des sorties dans Paris ou ses alentours. Le problème était qu'à chaque fois que je l'informais d'une possibilité de sortie, il me répondait catégoriquement « j'aime pas sortir ».

 

Il préférait jouer aux jeux vidéos. Je n'ai pas chercher à le juger, mon rôle étant de l'aider. Mais un jour, je lui est dit ce que je pensais de notre binôme et le fait que nous avions peu de points en communs. Je le sentais obliger de bien se comporter avec moi, alors qu'il ne montrait aucun enthousiasme, ni même ne comprenait concrètement ce que je faisais chez lui tous les mercredis. Au fur et à mesure, je me suis posée des questions et ait décidé de parler de mon accompagnement à la volontaire qui était s'occupait de gérer notre binôme. Je lui ai expliquer que je butais, malgré le fait que j'essaie tout un tas de choses avec Pramyam (regarder un film et en parler, lecture d'articles de presses, prêt d'un ouvrage concernant l'orientation...). Il n'y avait rien à faire. Elle m'a du coup laisser le choix soit de continuer avec lui soit d'arrêter cet accompagnement et d'en faire un autre.

 

C'est en début mars que j'ai pris la décision d'arrêter l'accompagnement qui était mit en place depuis novembre. Je ne voulais pas le forcer. Lui n'était plus d'accord pour continuer étant donné le nombre de mercredi qu'il a annulé. Du coup je suis allée voir son CPE et nous avons parler. De là, l'après-midi, je me suis rendue chez Pramyam, et ait expliquer à sa mère et lui même qu'il fallait qu'on arrête l'accompagnement. Il ne me regardait même pas et continuait à jouer à l'ordinateur. Sa mère était gênée, car elle croyait que j'étais vexée de par son attitude. Au contraire, je ne pense pas que cette expérience menée avec Pramyan fut négative, cela lui a certainement apporté des choses. Me concernant, le fait d'accompagner ce jeune durant quatre mois m'a beaucoup apprit. J'ai pu tout au long de celui-ci rester motivée même si ce n'était pas toujours facile. Ce que je me dis c'est que j'aurai tout essayé, même une sortie en février de l'exposition « Science et Fiction » à la cité des sciences de la Villette.

Cela fait maintenant quelque temps que j'aide une autre jeune. Elle est en 6ème dans le même collège que Pramyam, et s'appelle Lylia. Nous nous voyons aussi le mercredi après-midi étant donné nos emplois du temps. Elle a aussi des difficultés en français et en histoire-géographie, ainsi que quelques soucis concernant la méthodologie (notamment pour la révision de ses contrôles). Avec Lylia, nous nous sommes fixées un objectif : qu'elle ait 13 de moyenne générale. Elle a de bonnes notes partout hormis en français d'après son CPE.

A première vue, elle paraît beaucoup plus demandeuse que Pramyam, elle est curieuse et pose beaucoup de questions. Le dernier mercredi que le l'ai vu, elle devait préparer un contrôle d'histoire sur la création de l'Empire de Rome et de sa République. On a tout d'abord lu sa leçon, puis très vite, je lui ai proposé qu'elle se renseigne sur d'autres documents que simplement son manuel et sa leçon. Elle a pu grâce à l'outil d'internet approfondir certains points comme le mythe de Romulus et Rémus par exemple, mais aussi schématiser une partie de sa leçon (la population Romaine). Je suis pleine d'optimisme avec le nouvel accompagnement que je fais. En tout cas la première impression fut bonne.

 

Suivant actuellement un cursus de sociologie, j'ai pu grâce à l'accompagnement que je fais faire une sorte d'étude de terrain, et me rendre compte des difficultés que rencontraient les jeunes, aussi bien au niveau scolaire, qu'au niveau de la langue. Leurs parents ne parlent pas forcément couramment le Français. D'autre part, ils n'exerce pas forcément un emploi. Au second semestre, je suis un cours sur la sociologie des inégalités et je peux donc prendre du recul ensuite. D'autre part, cette expérience de bénévolat me permet aussi de d'avoir des exemples concret sur ce que sont les inégalités scolaires.

 

 

 

 

Abordons dans un dernier points les évènements réalisés par l'AFEV.

Cette association organise des évènements tout au long de l'année aussi bien pour les jeunes que pour l'équipe (bénévoles, volontaires et salariés). L'énumération faite ci-dessous n'ai pas exhaustive, mais est représentative de l'éthique et du dynamisme de l'AFEV.

 

1) Les rôtisseries :

 

elles se déroulent une fois tous les trois mois environ. Le but de cet évènements est de passer une bonne soirée, comme au restaurant avec un repas à 7 ou 8 euros cuisiné par l'équipe de l'AFEV, et de récolter des fonds par la même occasion.

 

 

    1. La soirée des bénévoles, dans un bar à l'initiative des bénévoles.

 

A l'origine un bureau des bénévoles s'est créé cette année (BDB). Des volontaires proposent à différents bénévoles de réaliser des projets, tout en les accompagnant. Nous sommes quatre à avoir proposer de trouver un lieu original pour que l'AFEV se réunisse au complet. Le lieu choisi est un bar : « Les Abeilles ». Dans ce dernier, une soirée sera organisée le vendredi 7 avril prochain. Pour nous bénévoles, il a donc fallu visiter les bars, et ensuite en retenir un, discuter avec le gérant afin d'avoir des tarifs préférentiels pour la soirée complète, mais aussi de voir si nous pouvions aménager la salle d'une certaine façon, en la décorant et en proposant des animations. En amont de cet événement, il y a aussi fallu prévenir les 350 bénévoles de l'AFEV Paris par téléphone, mais aussi par mail.

 

    1. Le FSL (fête des solidarités locales).

 

Cet événement est organisé chaque année par l'AFEV. Il se tient place Stalingrad au métro Jaurès. Cette année, il aura lieu le 4 juin prochain. Les salariés et les volontaires sont chargés de l'organisation avec la mairie de Paris. D'autre part, il est aussi prévu de monter une scène pour accueillir différents groupes qui joueront en live et en plein air. Mais il n'y aura pas que cela, une kermesse pour les jeunes que les bénévoles ont accompagnés toute l'année sera organisée ainsi qu'un buffet. La fête des solidarités locales est un évènements regroupant toute l'équipe de l'AFEV, et aussi les jeunes et leurs parents.

 

4) Des sorties proposées (places réduites de cinéma, entrées pour des musées...).

 

L'association prévoit un budget de 8€ pour un binôme lors de sorties. Ces dernières peuvent être proposées par le bénévole, par le jeune qui est demandeur, ou par les volontaires qui dénichent souvent des bonnes expositions ou pièces de théâtre. Ce peut être aussi des sorties « safaris photos » dans un arrondissement de Paris déterminé, avec cinq binômes par exemple.

 

    1. Évènements avec d'autres associations (les Fourmis Vertes notamment) sur un projet écologique du recyclage des déchets.

 

Juste à côté du local de l'AFEV siège une autre association de quartier, Les Fourmis Vertes qui elle a une éthique écologique, réalise des objets de décorations ou usuels avec des déchets. Samedi 2 avril l'AFEV se joint à eux pour animer une activité de fabrication d'objets. Du coup, des binômes vont aussi participer à cela. Il y aura par exemple, la fabrication de fleurs faites avec des bouteilles en plastiques usagées et un instrument de musique fait avec un manche à balais et des cannettes de bières entre autre.

 

 

 

 

L'AFEV est une association qui m'a permis de découvrir pleins de choses : aussi bien des étudiants, des quartiers de Paris qu'à prendre encore plus d'initiative. Tous les projets et les accompagnements se font en toute simplicité mais rigueur.

 

 

 

 

 

 

 

Liens

 

http://afevparis.blogspot.com/

http://www.afev.fr/

 

7 mars 2012

Bibliographie sur le thème : Les travailleurs pauvres en France.

 

Les travailleurs pauvres en France

 

 

Sommaire

 

 

  • -I- Introduction page 2

 

 

 

  • -II- Bibliographie sélective page 3

 

 

 

Les travailleurs désignent des êtres humains qui exercent une activité visant à transformer la nature dans le but de créer des nouveautés soient matérielles soient idéologiques. En d'autres termes, un travailleur pauvre exerce une profession mais son salaire est « inférieur au seuil de pauvreté » déterminé par l'INSEE.

D'autre part, la localisation qui nous intéresse ici, traite de la France seulement, et non d'une comparaison avec d'autres pays Européens ou mondiaux. C'est pour cela qu'il est important de ne pas tomber dans un hors sujet et donc de se centrer sur la France.

J'ai trouvé intéressant de traiter ce sujet étant donné que j'habite à côté d'un bois, où vivent de nombreux sans Domicile Fixe (SDF) et que je vois partir chaque matin travailler. Mais il n'y a pas qu'à Paris et sa proche banlieue, que cette population existe. On peut la retrouver aussi dans des région comme en Creuse par exemple. J'ai d'ailleurs eu l'occasion de discuter avec des personnes confronter à cette situation. C'est à dire, ils n'avaient pas d'emplois fixes et du coup exerçaient temporairement des « petits boulots » tels que l'animation ou encore les vendanges.

J'ai aussi choisi de me baser non pas sur une tranche spécifique d'une période donnée, mais d'observer et de trouver des informations concernant le sujet que j'ai pris. C'est à dire je tire mes références par rapport aux vingt dernières années du XXème siècle et jusqu'à aujourd'hui (2011). C'est en effet, vers les années 1980 que s'est développé le chômage de masse, suite aux années de pleins emplois et d'opulence générale désignée comme les« trente glorieuses » (terme déclaré par Fourastié pour désigner cette époque) et qui se sont finies en 1975.

Je suis des études de sociologie et est actuellement en licence 1, j'ai donc pu en cours de travaux dirigés ou même durant les cours magistraux parler des travailleurs pauvres et débattre sur ce sujet avec les professeurs ou même les autres étudiants du même cursus ou d'autres licences aussi.

En fin de compte ce qui m'interpelle particulièrement est de comprendre le paradoxe du travailleur pauvre qui est d'avoir un salaire et de ne pas pouvoir trouver de logement et avoir une vie descente.

 

 

 

 

Concernant la recherche que j'ai effectué, j'ai d'abord fais des recherches générales sur le moteur de recherches : Google, avec comme mots clés « travailleurs pauvres France ». Ceci m'a permis de construire un cheminement et de me faire une première idée du sujet. Puis, je me suis connecté grâce à mon compte ENT sur Cairn en particulier. Je ne me suis pas arrêtée ceci, j'ai aussi prospecter dans le moteur de recherches affilié à Google : Google scholar. Grâce à ce dernier, j'ai ainsi pu trouver une autre qui puisse enrichir la bibliographie que j'ai réalisé. Mon but principal étant de m'axer sur des ouvrages et des revues, j'ai favorisé cela, et ne me suis pas attardée sur d'autres types de documents comme par exemple des films.

Des difficultés sont survenues lorsque j'ai voulu voir l'auteur d'un article qui me paraissait correct, et qui traitait le sujet. Toutefois, il m'était impossible de trouver l'auteur de cet article. Du coup, je ne l'ai pas mentionné dans la bibliographie.

 

 

http://portail.univ-paris-diderot.fr/render.userLayoutRootNode.uP?uP_sparam=activeTab&activeTab=4&uP_root=u385l1n103

 

http://portail.univ-paris-diderot.fr/render.userLayoutRootNode.uP?uP_sparam=activeTab&activeTab=4&uP_root=u385l1n103

 

http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?reg_id=0&ref_id=IP745

 

 

 

 

 

-II- Bibliographie sélective

 

 

 

 

 

 

  • HIRSCH, Martin. . Pour en finir avec la pauvreté, mesures, mécanismes et politiques. Paris : La découverte.(n°4) Lutter contre la pauvreté , p. 240

 

 

  • LAGARENNE, Christine. LEGENDRE Nadine, « Les travailleurs pauvres en France : facteurs individuels et familiaux ». Economie et statistique, 2000 (n°1) Vol 335, p3-25

    [Consulté le 03/03/2011]

 

 

  • PAUGAM, Serge, DUVOUX, Nicolas. La régulation des pauvres -du RMI au RSA. Paris : PUF, 2008. Essais débats. (Quadrillage).

 

 

 

 

 

 

 

 

Au moins trois articles de périodiques, et un document électronique (entre 10 et 15 références).

 

 

6 mars 2012

Observation ethnographique d'une laverie automatique.

Introduction

 

Qui sont les 3% des ménages non équipés de machines à laver ? Pour le savoir, il suffit de constater la présence de laveries automatiques dans toutes les villes et d’entrer dans l’une d’elles. Présentes en nombre dans la capitale, Paris compte plus de 700 établissements, leur statut ambigu et leur inscription dans le champ de la quotidienneté en font un objet délaissé de la recherche scientifique. S’agit-il d’espaces publics ordinaires ? Pourtant, leur relation directe avec le linge et sa forte charge symbolique, culturelle et économique, ainsi que leur positionnement singulier au carrefour du social et de l’intime les rendent dignes d’intérêt aux yeux des praticiens des sciences sociales. Tout le monde, ou presque, a déjà utilisé une laverie automatique pour différentes raisons. Entre l’étudiant ou le jeune diplômé qui n’a pas encore acheté de machine à laver, le célibataire qui vient nettoyer sa couette qui ne rentre pas dans sa propre machine, le touriste de passage qui tourne sur le caleçon de réserve, les cas sont très diversifiés. La plupart du temps, dans les laveries, les gens sont jeunes. Parce que les jeunes n’ont souvent pas d’argent pour se payer une machine. Du coup, la laverie automatique peut devenir, pourrait-on croire, un lieu de rencontre pour connaître de nouvelles têtes ou faire connaissance enfin avec sa voisine. J’ai décidé d’aller explorer cette endroit où des lieux sociaux se créent entre des personnes inconnus avant d’entrer dans la laverie automatique. C’est donc un lieu propice à tisser des liens, au même titre que les magasins de bricolage. J’ai alors décidé d’accomplir mon observation dans cet endroit intriguant qui est la laverie automatique libre service. Je me suis assise sur un des sièges rouges, dans un coin de la pièce, plus précisément, derrière la porte d’entrée.

 

 

La laverie automatique libre service

 

Un jeune homme, d’une vingtaine d’années, vide sa machine. Il porte un jeans avec des chaussures de sport de marque. En haut, il est vêtu d’un pull noir et d’une veste en cuir. A ses pieds, se tient un grand sac de voyage marron clair. Le sac semble vide et se grossir au fur et à mesure que le jeune homme le remplit. Il prend en fouillis les vêtements qui se trouve dans la machine à laver qui vient de se terminer. Le linge est humide et on ne peut distinguer les formes. Il en sort principalement des vêtements de couleur sombre qu’il fourre dans son grand sac. Avant de refermer son sac, il vérifie en mettant la tête à l’intérieur de la machine qu’il ne reste pas d’éventuel oubli. Il ferme alors son sac, le prend sur son épaule gauche grâce à la lanière et disparaît dans la rue. Il n’a émis aucun son ni aucun mot.

 

Cinq minutes plus tard, un homme pressé entre dans la laverie avec un grand sac Ikea bleu en plastique aux lanières jaune canari. Il se dirige tout droit vers sa machine pour en libérer son linge. Il le sort en vrac et le transvase dans son grand sac. Afin de ne rien oublier, il met la tête dans la machine. Récupérant alors son sac par les anses, il se dirige vers la borne de payement afin de mettre en route un des sèches linge du fond de la pièce. Il place alors son linge dans une autre machine située au fond de la salle, à l’opposé de là où se trouvait la première machine. Il referme la porte de la machine et range en boule son grand sac plastique maintenant vide dans la poche de son manteau. Il disparaît ensuite dans la rue. Après une bonne demie heure, le monsieur revient avec son sac Ikea pour reprendre son linge du sèche linge. En rentrant, il salut une vieille dame. Il sort en vrac son linge qu’il place alors dans son grand sac plastique et disparaît dans la rue d’un pas tranquille le lourd sac sur ses épaules.

 

Une femme d’un certain âge rentre avec un cabas remplit de linge. Elle lance un « bonjour » joyeux en rentrant et je lui répond gentiment. Elle porte un jeans clair, des chaussures d’entretien blanches, une longue parka beige, un foulard vert émeraude autour du cou et un fichu en laine sur le tête laissant entrevoir quelques mèches grises de sa chevelure. Elle fait le tour des machines pour en trouver une libre. Elle choisit la machine numéro 12. Elle ouvre la porte, s’abaisse et place son linge dans la machine. Au dessus de la machine, elle a déposé trois flacons dont deux en verre. Un premier avec des grains de lessive de couleur blanche, un autre avec des grains de lessive violet et un flacon en plastique noir. Elle se dirige ensuite vers la machine mettant en route les machines à laver. En levant l’habitacle pour mettre la lessive, elle s’aperçoit que les trous sont bouchés. Elle verse tant bien que mal un peu de lessive issue du flacon où les grains étaient blancs. Mais très vite, elle s’aperçoit que des bouts de savon de machines précédentes sont restés coincer à l’intérieur et empêche l’eau de s’écouler. Tout de suite, elle se dirige vers le téléphone rouge situé sur le mur opposé à sa machine et attend que quelqu’un lui réponde. Au bout d’une minute d’attente, elle se met à parler à son interlocuteur en expliquant son problème et en demandant si quelqu’un ne pourrait pas venir pour déboucher sa machine. Elle parle aussi de sabotage en expliquant que toutes les autres petites machines sont bouchées. Après avoir raccroché, elle se met à parler à voix haute en disant que c’est n’importe quoi cette histoire et en réemployant le terme de sabotage. Je décide alors de me lever pour aller à sa rencontre et voir son problème. Elle m’explique alors que sa machine est bouchée et que l’eau ne s’évacue plus. Ensemble, nous vérifions les tiroirs à lessive de toutes les autres petites machines et effectivement, des bouts de savon gênent l’évacuation de l’eau. Elle m’explique alors que d’habitude, elle prend une grande machine mais que exceptionnellement aujourd’hui elle avait besoin d’une petite machine. Je retourne alors à ma place et c’est alors que la sonnerie du téléphone rouge retentit. La femme se précipite sur le téléphone pour ne pas laisser passer l’appel. Au bout du fil, c’est apparemment le même interlocuteur que la première fois. Elle réexplique son problème et précise que cela n’est pas forcément urgent puisque la machine tourne comme même mais qu’elle aimerait bien que quelqu’un vienne voir le problème. Après avoir raccrocher, elle retourne auprès de sa machine pour y verser le liquide du flacon en plastique noir. Après avoir refermer le tiroir, elle sort un paquet de mouchoirs et s’essuie les mains sur lesquelles se trouvaient des tâches de lessive blanches. Puis, elle ramasse avec son mouchoir, les morceaux de lessives retirés des autres machines. Elle place alors le mouchoir dans la poubelle située dans un coin de la pièce. Quelques minutes plus tard, après avoir attendu quelques instants près de sa machine, elle part s’asseoir sur les sièges rouges situés devant la fenêtre laissant son cabas près de la machine qu’elle occupe.

 

Quelques secondes plus tard, une jeune fille pénètre dans la pièce. Elle rentre sans dire un mot. Son allure est vive et élégante. Elle porte un jeans moulant, des petites ballerines noires, une petite veste cintrée bleu marine. Ses long cheveux bruns sont détachés et des lunettes de soleil noires trônent sur sa tête. Elle porte un sac à dos gris formant une boule avec l’effet du linge à l’intérieur, et un petit sac en toile vert anis en forme de boule également. Elle se dirige vers la machine numéro 14 et y vide ses deux sacs pour mettre le linge en boule à l’intérieur de la machine. Elle vérifie ensuite d’avoir bien refermé la porte et se dirige vers la machine de mise en route des machines. Elle commande deux blocs de lessive de la marque ariel qui tombent d’un autre distributeur situé à l’opposé de la pièce. Les deux blocs sont contenus dans un petit sachet en plastique vert sapin. Elle récupère le sachet, l’ouvre au dessus de sa machine et place les deux blocs de lessive dans le tiroir réservé à cet effet. Elle se dirige ensuite vers la machine qui permet de démarrer toutes les machines et met en route la sienne. On entend alors un bruit et on voit à travers la porte de la machine numéro 14 que le linge commence à tourner et que l’eau commence à pénétrer à l’intérieur de la machine. La lessive est lancée. Elle reste là quelques secondes à regarder son linge à travers la porte de la machine et disparaît dans la rue emportant ses deux sacs vides. Elle ne dit pas un mot.

 

Entre temps, la vieille dame a retiré son fichu de sa tête et est resté assise sur son siège où elle a rapproché d’elle son cabas. Une fois la jeune fille partie, elle parle à haute voix qu’elle a vraiment pas eu de chance, qu’il a fallu qu’elle choisisse la seule machine qui ne marchait pas. La vieille dame attend impatiemment la fin de sa machine. Elle s’est levée et attend devant sa machine. Elle a d’ailleurs rapproché d’elle un panier vert mis à la dispositions des personnes. Après quelques instants debout, elle décide d’aller s’asseoir sur un des sièges rouges. Au bout de quelques minutes, la vieille dame se lève et farfouille dans le fond de son cabas. Elle place alors le contenu du flacon contenant les grains de lessive de couleur violette dans le tiroir de la machine. Elle range ensuite les autres flacons dans le fond de son cabas et continue d’attendre en observant les passants et les voitures passés à travers la baie vitrée de la laverie automatique.

 

Quand je suis arrivée, un couple était à deux entrain de vider l’intérieur d’un sèche linge. Ils avaient posé sur une autre machine, une grande valise de voyage à roulettes. Ils pliaient grossièrement leurs vêtements avant de les ranger dans la valise. Après que tout le linge soit rangé, ils fermèrent avec précaution la valise. La femme récupéra son sac à main noir posé sur une table à l’entrée de la laverie et tous deux s’en allèrent leur valise à roulettes grinçant derrière eux, ne me jetant qu’un regard dédaigneux.

 

Une femme, la trentaine, pénètre dans la laverie. Elle porte à bout de bras deux gros sacs remplis de linge. Elle se dirige tout de suite vers le fond de la pièce et s’accroupi afin de vider ses sacs. Elle en sort alors un mélange de nappes, draps et peignoirs qu’elle place soigneusement et avec délicatesse dans la machine à laver numéro 10. Une fois remplie, elle se dirige vers la machine qui permet de démarrer toutes les machines pour mettre en route sa machine. Elle porte un pantalon moulant noir, une chemise à froufrous blanches, une veste de tailleur cintrée de couleur marron clair et des bottes en cuir noir. Elle place sa propre lessive dans le tiroir. Lessive qu’elle avait placée dans un sac plastique de supermarché blanc. Après avoir réduit en boule son sac plastique, elle le place alors dans la poubelle. Elle récupère ensuite ces deux autres sacs maintenant vide et s’en va tranquillement par la porte de sortie.

 

La machine de la vieille dame est finit. Elle ouvre alors la porte pour en sortir les vêtements et les déposer dans la panier vert. Elle prend ses vêtements un à un, les secoue et les plie pour les mettre dans le panier vert. Une fois tous les vêtements soigneusement pliés dans le panier, elle les reprend un par un et les range délicatement dans son cabas. Cette manœuvre lui prend du temps car elle fait ses gestes avec beaucoup de précision et de douceur. Une fois la tâche terminée, elle rabat le couvercle de son cabas, passe devant en me souriant et en me souhaitant une bonne fin de journée puis disparaît à son tour dans la rue.

 

Conclusion

 

Aujourd’hui, un cycle de lavage dure en moyenne 35 minutes. Le consommateur recherche un lieu convivial où il pourra utiliser le temps de lavage à des fins utiles comme rencontrer d’autres personnes et partager.

Elles sont fréquentées par une population diversifiée variant entre les personnes âgées et les jeunes pas encore équipés. Petit raccourci de la société, la laverie est aussi un lieu de convivialité où l’intimité obligée des maniements du linge favorise une certaine mixité sociale, des échanges et parfois des confidences. On y trouve des parents démunis pour qui l’investissement est trop lourd, des jeunes femmes sans difficultés apparentes, des cadres ou des commerciaux en déplacement et des étudiants.

En effet, c’est un lieu commun dans lequel les usagers nettoient leurs effets personnels. Les laveries automatiques constituent un acteur inattendu de la ville. Leur véritable pratique urbaine répond aux modes de vie contrastés des populations métropolitaines. Les laveries participent activement à la vie de quartier des arrondissements dans lesquels elles sont implantés ainsi qu’au processus d’hygiénisation de la ville et de ses habitants. Ainsi, la fréquentation des laveries génère des comportements originaux témoignant du réajustement permanent qui s’opère entre la sociabilité qu’offre la vie citadine et la préservation de l’intimité qu’impose l’exposition du corps en dehors de la sphère privée. Le recours au concept bourdieusien d’habitus permet de prendre la mesure de ces phénomènes.

 

 

 

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6 mars 2012

Dissertation de philosophie : Peut-on dire que l'humanisme constitue la plus haute valeur qui soit donnée à l'Homme ?

L’humanisme est une doctrine qui prend comme direction la personne humaine et son épanouissement. On met la personne humaine au dessus de nous. On considère que l’Homme est la plus haute valeur que l’on doit respecter. Il faut se donner l’Homme comme fin, le mettre au centre de la pensée. Le terme « d’humanisme » n’apparaît seulement que dans les années 1830-1840. La valeur est ce qui donne des normes à la conduite morale.

On peut alors se demander quelles sont les valeurs qui soient données à l’Homme. Qu’est-ce que l’Homme ? Comment peut-on être antihumaniste ? Qu’est-ce que l’humanisme aujourd’hui ? Toutes ces questions reviendraient à nous demander si l’on peut dire que l’humanisme constitue la plus haute valeur qui soit donnée à l’Homme.

Il convient de préciser dans un premier temps la redécouverte de l’Antiquité comme fondement de l’humanisme. Ensuite il sera possible d’examiner l’humanisme des Lumières apportant une redéfinition de l’humanisme.

 

 

 

L’humanisme de la Renaissance est une contestation de la pensée médiévale progressant en révolution intellectuelle qui transformera la vision du monde et de l’Homme. Les humanistes veulent rompre avec la scolastique médiévale et proposent une redécouverte des textes originaux de l’Antiquité grecque et latine. L’humanisme propose de renouer avec les valeurs, la philosophie, la littérature et l’art de l’Antiquité classique qu’il considère comme le fondement de la connaissance. Jusqu’à la renaissance, le monde ne s’intéressait qu’aux œuvres scientifiques et médicales de l’Antiquité et de l’œuvre d’Aristote. Cette redécouverte fut enclenchée par la prise de Constantinople par les Turcs en 1543. Cet intérêt pour ces textes se manifeste d’abord en Italie durant les XIVème et XVème siècles avec des auteurs comme Boccace et Pétrarque. La diffusion de l’humanisme se fera progressivement grâce à l’imprimerie. En France, on retrouvera des auteurs comme Rabelais ou Montaigne. Ainsi les œuvres d’Homère, de Plutarque, de Virgile, de Cicéron ou de Platon sont dévoilées.

 

Les premiers humanistes ont comme point commun de dénoncer l’obscurantisme du Moyen Âge. L’humanisme est considéré au contraire comme une période de lumière qui s’oppose aux ténèbres des siècles précédents. Les humanistes vont proposer une nouvelle conception de l’Homme qui sera désormais placé au centre des intérêts. Quelles vont être les valeurs données à l’Homme ?

Jean Pic de la Mirandole exprime la pensée fondamentale des humanistes. « J’ai lu dans les livres des Arabes qu’on ne peut voir rien de plus admirable dans le monde que l’Homme ». On change la pensée religieuse par une réflexion sur l’Homme. En effet, les humanistes placent l’Homme au centre de leurs préoccupations, ils croient à la bonté et à la liberté de l’Homme. L’Homme est naturellement bon et la raison humaine respecte l’harmonie de la nature et la volonté divine. Le corps humain devient un modèle de beauté : on exalte son pouvoir créateur, son intelligence, sa vivacité et la beauté de son corps. La connaissance de soi devient également un objectif fondamental.

 

Dans sa volonté de réaliser un modèle humain, l'humaniste porte un souci particulier à la formation de l'enfant d'où les nombreux traités de pédagogie. Le mouvement humaniste finira par triompher sur les vieilles universités médiévales.

 

Erasme avance que l’Homme est libre, qu’il est le maître de son destin. Erasme se garde de prendre radicalement partie pour les idées nouvelles. Fidèle à ce positionnement de tolérance et de pacifisme, il publie en 1524, un « Essai sur le libre arbitre », où il défend l'idée selon laquelle l'Homme à la liberté de choisir sa perte ou son salut.

 

L’humanité vue comme un modèle de perfection à la nature humaine. Telle est la pensée générale de cette époque qui se verra bousculer par les philosophes les Lumières afin de renouer avec l'affirmation des valeurs primordiales libératrices.

 

 

 

A la fin du XVIème siècle, le public commence à imposer des mutations culturelles qui sont l’héritage de l’humanisme déjà transformé. La lignée des idées est plus floue, d'abord parce qu'elles n'ont jamais été très homogènes.

 

On en vient ainsi à comprendre pourquoi l’humanisme traditionnel fut violemment attaqué par des philosophes comme Marx ou Nietzsche, en passant par les philosophes des Lumières, au nom d’une conception différente de ce que peut ou doit être l’homme. Les Lumières désignent un courant de pensée du XVIIIème siècle où les philosophes sont animés par une profonde considération pour les hommes et par leur foi envers le progrès humain.

 

Il apparaît une nouvelle façon de considérer l’Homme, qui rompt avec l’idée de l’humanité comme modèle de perfection propre aux auteurs de la Renaissance. L’homme est un être physique parmi les autres et on peut l’appréhender avec les concepts et les méthodes des sciences de la nature. L’humanité qualifie une nature, une façon d’être observable et non plus un modèle ou un idéal.

 

Hobbes passe de la revendication d’une connaissance de l’homme à la construction de l’idée d’un état de nature. Il tente d’imaginer ce que serait l’homme en l’absence de toute détermination sociale, de toute loi. Cet état a pour intérêt de comprendre l’étendue de ce que la société apporte à l’homme. Pour Hobbes, à l’état de nature, les hommes sont des dangers les uns pour les autres et pour eux-mêmes. D’où sa célèbre formule « L’Homme est un loup pour l’Homme ». Pour éviter une destruction totale de l’espèce humaine, il faut s’en remettre à une personne détentrice de tous les pouvoirs qui pourrait leur permettre de survivre.

 

Comment redonner un sens au mot « humanisme » ? Dans son œuvre « Lettre sur l’humanisme » de 1946, Heidegger exprime une remise en question de l’humanisme : « Cette question dénote l’intention de maintenir le mot lui-même. Je me demande si c’est nécessaire ». Il se démarque des conceptions courantes de l’humaniste et refuse cette référence exclusive à l’Homme. Il dénonce l’oubli de l’être propre à la métaphysique occidentale qui a commis l’erreur de confondre l’être avec l’étant, c’est-à-dire, ce qui simplement est. La vérité est dans l’être lui-même. L’essence de l’Homme est d’ek-sister, donc de se décentrer par rapport à lui-même afin de devenir gardien et berger de l’être.

Ainsi, le marxisme, peut-il être indifféremment qualifié d’antihumanisme ?

On entrevoit ainsi différentes formes d’antihumanisme.

 

 

 

La théorie de l’évolution et la génétique moderne mènent les biologistes à penser que les hommes sont des animaux comme les autres. S‘ajoute à cela la réalité de l’existence contemporaine. Que reste-t-il alors de l’humanisme ?

Dans son livre intitulé « Le principe d’humanité », Jean-Claude Guillebaud émet l’hypothèse selon laquelle « la mort de l’Homme » annoncée par Michel Foucault en 1966, s’accomplirait pour de bon sous l’effet des découvertes scientifiques et des inventions techniques.

On voit qu'il n'y a aucune unité de l'humanisme, pas plus que des courants antihumanistes.

Ce qui pose beaucoup plus de problème aujourd'hui, ce serait d'ailleurs plutôt le post-humanisme, celui du surhomme, de l'Homme amélioré ou de l'Homme génétiquement modifié.

 

 

6 mars 2012

Observation ethnographique d'un train de banlieue.

Introduction

 

Prendre le train de banlieue tous les matins est le quotidien d’un bon nombre de français. Faisant moi-même partie de cette petite communauté, c’est ainsi un lieu et une ambiance que je connais bien. J’ai alors décidé d’accomplir ma description anthropologique dans cet endroit. J’ai choisis d’observer les voyageurs du train de la ligne H d’île de France, sur le trajet joignant la ville de l’Isle Adam à la ville de Paris. L’horaire du matin me paraissait la meilleure. J’ai ainsi pris le train de 7h43 en partance de la gare de l’Isle Adam, plusieurs fois dans la semaine. Je recherchais un endroit stratégique pour pouvoir avoir une vision globale de tous les passagers visibles de mon étage. Je décida alors, de m’installer au milieu du wagon à l’étage en haut côté fenêtre. Je choisis un siège dans le sens de la marche du train.

Que voit-on, que fait-on dans un train ? J’ai décidé, dans un premier temps, de décrire le wagon en lui-même, pour dans un deuxième temps, porter mon observation sur la perception extérieure du train. Enfin, en troisième et principale partie, je porte ma considération sur les voyageurs.

 

Les sièges, le lieu

 

C’est un train composé d’une dizaine de voitures et à deux étages. A chaque étage, on peut distinguer deux rangées de sièges séparées par un couloir central. Chaque rangée est divisée en huit carrés de quatre sièges chacun. Au total, on note soixante quatre sièges pour chaque étage du train. Les sièges sont d’un bleu saphir avec une pointe de jaune citron, de vert gazon ou de rouge vermillon suivant les sièges. Des accoudoirs en bois séparent les sièges côte à côte. Le toit du train est en forme de voûte. Ainsi les vitres sont courbées. On distingue une vitre indépendante pour chaque carré de quatre sièges. En dessous de la vitre, une grille d’aération est présente. En s’y approchant de plus près, on reconnaît là un bon nombre de chewing gums prémâchés. On remarque que sur toutes les vitres du train, il y a des inscriptions faites avec des objets tranchants. La plupart du temps, ces inscriptions ne représentent rien. On peut y trouver quelques mots mais dont je n’y reconnais pas le sens. En bas, au milieu de la vitre et sur toutes les vitres, on trouve l’inscription « Feuilleté, Arino, Duglass 02/03 ».

 

A travers la vitre, l’extérieur du train

 

Dehors, il fait nuit noire. Seules les lumières des réverbères, des voitures et de quelques maisons sont perceptibles. On ne perçoit rien d’autre à travers la vitre outre le reflet de l’intérieur du wagon. Le jour se lève petit à petit. Le ciel passe du noir, au bleu foncé puis au bleu brumeux. Petit à petit, les routes et les maisons sont identifiables mais pas encore les couleurs. Un train dans le sens inverse passe à toute vitesse. Il va tellement vite que l‘intérieur des voitures est invisible. Un matin, on a pu apercevoir au loin le soleil se levant et des trainées de nuages de couleur rouge, rose, jaune et orange. C’est à travers la vitre qu’on perçoit le nom des gares affichés sur des panneaux illuminés. Un matin, il pleuvait. La pluie tapait contre les vitres et des centaines de gouttelettes ruisselaient sur le vitrage. On passe sous un tunnel. Le bruit du train est étouffé. Au-delà des fenêtres, tout est noir. La vitre renvoie la scène perceptible de l’intérieur du wagon. En s’approchant de Paris, les premiers grands immeubles et le sacré cœur apparaissent. Un train nous dépasse, il vient de Picardie et il est rempli par un grand nombre de personne. Bientôt ce sont les quais de la gare d’arrivée qui apparaissent sous nos yeux.

 

Les voyageurs

 

Une femme est assise de l’autre côté de ma rangée. Elle se frotte les mains avec une crème neutrogena et insiste à l’endroit du frottement des doigts. Puis elle sort son poudrier de son sac et grâce à la petite glace ronde, elle se met du rouge à lèvres couleur bordeaux en commençant par le contour des lèvres. Avant de le refermer, elle se jette un coup d’œil dans la glace pour remettre en place quelques mèches brunes de sa coiffure qui est retenue par un serre tête fin noir. Après avoir rangé son poudrier, elle sort un mouchoir de son sac afin d’essuyer le verre de ses lunettes. Elle replie le mouchoir en quatre et le range dans son sac. A présent elle sort un document sous plastique qu’elle se met à lire. Cette femme porte un chapeau de couleur rouge entouré d’un ruban de satin noir. Deux sacs à main se tiennent à côté d’elle. La femme a rangé le document et repli ses gants. Puis, elle sort son téléphone portable d’une poche de son manteau et pianote dessus quelques instants. Après avoir rangé son portable, elle ressort le précédent document pour y vérifier une donnée puis divague son regard à travers la vitre. Quelques secondes plus tard, elle sort un calendrier de sa poche où j’y perçois des couleurs fluo. A présent, elle retire son chapeau et remet sa coiffure en place.

 

Une femme blonde à lunettes vient s’asseoir en face d’elle. Après avoir enlevé son long manteau, elle prend un mouchoir dans son sac pour se moucher qu’elle range après dans la manche de son pull. Puis elle sort un livre dont la couverture est d’un rouge vif.

 

Une autre femme a rejoint la brune et la blonde. Elle tient un sac « grande récré ». A peine assise, elle sort son téléphone portable et y joint des écouteurs blancs. Son portable est un i phone et son écran est entièrement tactile. J’aperçois du vernis rouge à ses doigts en contraste avec sa coupe au carré et ses cheveux noirs saillants.

 

Plus loin, un homme aux cheveux gris somnole. Il a les mains croisées devant lui. Il bouge les pouces en les tournant et sa tête bascule en avant en basculent de gauche à droite en fonction des vibrations du train. A l’arrêt du train, il a ouvert les yeux, jeté un coup d’œil dehors pour lire la pancarte où est inscrit le nom de la gare et au démarrage du train, il referme les yeux en fronçant les sourcils.

 

Un homme vient s’asseoir sur le siège devant moi. A peine assis, il prend le journal posé par hasard sur le siège à côté de lui. Il le pose sur ses genoux et prend une page au hasard. Il se met alors à lire. L’homme renifle toutes les minutes. Quelques instants plus tard, il se met à tourner les pages de son journal et s’arrête à la dernière page, la page des jeux et de l’horoscope. Sa lecture finie, il repose le journal sur le siège de gauche. Aussitôt déposé, l’homme ferme les yeux et somnole. Ses muscles sont relâchés et sa tête bouge d’avant en arrière au rythme des vibrations du train.

 

Plus loin, en face de moi, j’aperçois deux adultes conversant ensemble dans une langue que je ne comprend pas et qui n’est pas identifiable. Ils sourient et rigolent. Ils ont la peau de couleur noire.

 

Un monsieur s’assoit à côté de moi mais dans la rangée d’en face. Il s’assoit, ouvre la fermeture éclaire de sa veste, remet son col, attrape son téléphone portable dans une proche intérieure et pianote quelques secondes dessus. Il se met à fouiller dans son sac posé à côté de lui, sur le siège à sa droite. Il en sort alors un mouchoir. Il se mouche et met son mouchoir usagé dans sa poche de pantalon. A nouveau les mains dans son sac, il en sort un cahier orange et un stylo plume qu’il dépose sur ses genoux. A nouveau dans la poche intérieur de veste, il en sort une paire de lunettes qu’il pose sur son nez. L’homme se met à tourner quelques pages de son cahier puis à écrire, le cahier posé sur ses cuisses. Quelques instants plus tard, il range le cahier et le stylo dans son sac à dos. Il retire sa veste et l’a pose sur le même où se trouve son sac. Soudain, il change l’emplacement de son sac. Il le place désormais sur le siège en face de lui. Il change de place également sa veste qu’il dépose en boule sur le même siège où se trouve dorénavant son sac. Toujours avec ses lunettes, il a sorti son agenda. Il le referme après quelques minutes pour le remettre dans son sac et en sortir un dossier orange contenant quelques feuilles blanches imprimées de caractères noirs. Il range le dossier orange pour ensuite en sortir un autre cette fois ci de couleur rouge. Il coupe court à son dossier pour sortir son i phone et pianoter dessus. C’est un monsieur qui porte un jeans de couleur bleu, des chaussettes blanches et des chaussures vernies noires à lacets. En haut, il porte un pull bleu marine sur une chemise dont le col dépasse. Autour de son cou, mais non nouée, se trouve une écharpe noire. A son poignet gauche, il y a une grosse montre argentée. Il porte des lunettes à montures fines. Il est rasé et n’a plus beaucoup de cheveux au sommet de son crâne. Le monsieur a rangé tous ses dossiers et fermer son sac. Il a à présent les jambes croisées et son corps accoudé à la fenêtre. Une femme s’est assise à côté de l’homme. Il a alors pris sa veste sur ses genoux et mis son sac entre ses jambes.

 

Une femme s’est assise aux côtés de l’homme. Cette femme a posé son sac sur ses genoux et croise les jambes. Pensive, elle passe le voyage à regarder le paysage défiler à travers la vitre. Rien ni personne ne la perturbe.

 

Un peu plus loin, un jeune homme s’est installé et tient des écouteurs à la main. Une fois assis, il met ses écouteurs dans les oreilles. Il lit en même un livre d’un certain auteur du nom de Harlan Coben.

 

Plus loin, une femme lit un journal. Son parapluie est maintenu entre ses jambes. Elle lit le « 20 minutes ».

 

Une femme vient se poser à mes côté. Elle dégage une forte et bonne odeur de parfum aux notes fruitées et fleuries. Elle a la peau de couleur noire et les lèvres bien rougies par le rouge à lèvres. Ses cheveux sont plaqués contre son crâne. Elle replie un parapluie aux motifs de fleurs et de couleur violet et bleu pastel.

 

Un homme arrive de nulle part et traverse le wagon par le couloir en déposant des petits papiers sur les sièges vides ou sur les jambes des passagers. Il crie des « bonjour » et des « s’il vous plait ». Ses petits papiers sont bleus et imprimés d’un message. L’homme porte un pantalon de sport gris clair et un sweat-shirt de la même couleur. Il n’a pas de sac ni de manteau. Il marche vite et son regard laisse pénétrer un sentiment de peur et de désespoir. Après avoir traversé tout le couloir il revient et reprend ses papiers. Une femme lui a tendu une pièce de un euro. Il l’a remercie en joignant les mains et en s’inclinant légèrement et en lui disant que dieu prendra soin d’elle.

 

Une fille est assise devant moi. Elle préfère garder son sac marron en forme de cartable de l’époque sur ses genoux. Elle garde aussi son bonnet multicolore sur la tête. Aussitôt assise, elle sort son téléphone portable recouvert d’une housse rouge et pianote dessus. Je remarque qu’elle porte une bague dorée à l’annuaire gauche. Elle sort un livre protégé d’une housse en toile blanche de son sac. Elle libère le livre de sa housse qu’elle remet ensuite en fouillis dans son sac qu’elle pose désormais sur le siège à côté d’elle. Elle y dépose aussi son écharpe grise à froufrous. Cette fille lit un livre de gros volume et de grand format. Elle a les jambes croisées pour bien maintenir le livre sur ses cuisses. Elle porte un jeans sombre avec des bottines bleu marine en cuir ainsi qu’un long manteau noir avec des gros boutons argentés avec des motifs dessus que je n’arrive pas à distinguer de la place où je suis. La fille change de place pour se placer juste en face de moi. Elle vient de s’étendre les doigts de la main droite dans le vide pour ensuite attraper son livre et continuer à lire. Quelques secondes plus tard, elle replace son écharpe sur son sac. La fille au bonnet est toujours entrain de lire. Je remarque sa french manucure et ses ongles bien soignés. Elle vient de se gratter la partie sous son œil droit. Je remarque un bout de ficelle vert dépasser de son livre. Elle en est seulement encore qu’au premier quart de son livre. A l’approche de la gare Paris Nord, elle ferme son livre puis attrape son sac. Elle l’ouvre et y prend la housse blanche et y remet son livre dedans. Après avoir farfouillé encore dedans, elle en sort des écouteurs blancs qu’elle branche à son portable.

 

Un homme vient se placer à côté de la fille au bonnet multicolore. Cet homme, d’une trentaine d’années, s’assoit, croise ses mains et laisse divaguer son regard dans le vide. Il a entrouvert son long manteau feutré noir et j’y aperçois en dessous une chemise quadrillée bleu clair. Il porte aussi un jeans noir et des chaussures en cuir noir fermées par une boucle en métal argenté. Il n’a pas de sac. Ses cheveux bruns et courts sont en bataille sur son crâne. Après quelques minutes, l’homme change de place pour se mettre dans le sens du train. Il s’assoit ainsi à côté de moi, toujours le regard dans le vide et les mains croisées. L’homme vient de recevoir un coup de téléphone. Le temps de sortir son portable de la poche intérieure de son manteau, il décroche à la deuxième sonnerie. Il tient son portable dans la main droite. Il ne restera qu’une minute au téléphone. Après avoir raccroché, il remet son portable dans la poche intérieure de son manteau et reprend sa position de mains croisées. Petit à petit, ses paupières deviennent lourdes et il ferme doucement les yeux. Il somnole.

 

Dans le carré à ma gauche, deux femmes discutent entre elles. Elles sont assises sur des sièges face à face. Leur conversation est audible par tout les voyageurs du carré où elles sont et celui d’à côté. Elles communiquent entre elles par la voix et les gestes faits avec leurs mains.

 

Une fille vient s’installer dans mon carré. Cette jeune femme a des écouteurs blancs dans les oreilles, raccrochés à un téléphone portable de couleur rose fuchsia. Elle porte un jeans bleu foncé, un gros gilet tricoté de couleur noire et une écharpe de laine noire. De grosses boucles d’oreille argentées à paillettes dépassent de ses cheveux châtains clairs. Elle est assise les jambes repliées et a posé son sac sur les genoux. Son sac en forme de boule est en tissus léger de couleur rouge écarlate. Durant tout le trajet, elle a pianoté sur son portable et a gardé ses écouteurs dans les oreilles. Après le départ du train de la gare de Ermont Eaubonne, cette fille s’est levé, a mis son sac sur son épaule et s’est dirigée à travers le couloir vers les portes du train. Elle est descendue du train à la station d’Enghien les bains.

 

Un homme debout dans le couloir a pris le siège de la femme au portable rose. Cet homme a le parisien entre les mains. L’homme lit le parisien posé sur ces cuisses et maintenu avec ses mains. Il porte un jeans bleu nuit. En haut, on aperçoit un pull col V bleu givré avec une chemise blanche en dessous. Il a par-dessus une doudoune noir. Il n’a pas de sac ni d’écharpe. Il a la peau de couleur noire. Pour tourner les pages de son journal, l’homme lèche son index droit pour pouvoir mieux accrocher la feuille. Il ne le fait pas pour toute les pages.

 

Une femme est assise en face de moi, dans l’autre rangée. Elle se tient assise, les jambes croisées et les mains dans les poches de son manteau. Elle porte un jean bleu nuit avec des bottes en moumoute. Son bas de pantalon est rentré dans ses chaussures. Son manteau lui arrive mi cuisse. Elle porte aussi une écharpe tricotée noire nouée au cou. Ses cheveux offrent un éventail de couleur telles que du jaune, du rouge, du marron clair et foncé. Selon l’éclairage, il est possible également d’observer des reflets rougeâtres. Elle a la peau bronzée. Ses lèvres sont maquillées et le contour de sa bouche est bien dessiné. Elle enlève la main droite de sa poche et avec son index, elle essaye de retirer quelque chose coincé dans sa mâchoire inférieure. Ses sourcils sont froncés. Elle remet ensuite sa mains dans sa poche et laisse aller sa tête contre le siège. Elle somnole quelques instants. Puis elle rouvre les yeux, sort son portable de la poche gauche. Elle pianote quelques secondes pour le remettre ensuite dans sa poche droite de manteau. Cette femme porte une alliance dorée à l’annuaire gauche. Elle a les yeux maquillés avec beaucoup de noir autour des yeux et une grosse épaisseur de mascara sur les cils. Elle garde malgré tout, durant le reste du trajet, un regard inexpressif.

 

Au loin, j’entend le cri d’un bébé qui pleure et cri « papa ». Je sens un petit remue ménage. Les gens se redressent et s’aperçoivent que l’on est bientôt arrivé. Les dormeurs le sentent et se réveillent. Des gens commencent à se lever pour attendre l’arrêt complet près des portes. Tout le monde descend en se bousculant.

 

Conclusion

 

De tous les moyens de locomotions terrestres, le train est le seul sur lequel le voyageur ne peut exercer la moindre action. Il est soumis à la dynamique du trajet. Le voyage en train impose en toute puissance le temps ferroviaire que chacun tente de tuer en vaguant à ses propres occupations.

J’ai pu remarqué que les trains abritaient un concentré humain représentatif de la population, classes sociales qui se côtoient en s’ignorant, réunies toutefois dans leur indifférence.

 

 

6 mars 2012

Dossier de recherche en anthropologie.

Introduction à l’Anthropologie

Dossier de recherche

 

Recherche n°1

 

- La sociologie

 

Pour la plupart des sociologues, il s'agit de produire une représentation scientifique de la vie sociale capable de répondre aux problèmes que pose le XIXème siècle. Il s'agit donc de proposer une critique de la vie sociale moderne et des réponses aux problèmes les plus brûlants. Les questionnements des sociologues sont cependant très variables selon les pays

 

Durkheim tient à concilier les acquis des révolutions, et d'abord l'autonomie individuelle, avec un ordre social stable.

 

En Allemagne, Weber s'interrogera quant à lui sur les types d'actions et les formes de l'autorité ainsi que sur les modes d'actions et de domination.

 

Pour Marx, l'étude scientifique des sociétés permet de saisir l'inéluctabilité de la révolution et de l'avènement d'une société communiste.

 

Quand à lui, Pareto cherche à saisir la naissance et la mort des élites

 

Park veut comprendre comment la ville permet l'assimilation progressive des immigrés, la sociologie naissante apparaît donc d'abord comme un discours sur les problèmes résultant de la modernité.

 

Fin observateur de la société qui l'entoure, le sociologue cherche à en comprendre le fonctionnement et les évolutions. Age, religion, catégories sociales, opinions politiques... sont autant de caractéristiques qui intéressent le sociologue dans ses recherches.

Dans un premier temps, le travail du sociologue est un travail d'exploration : à partir de recherches et de lectures personnelles, il prépare le terrain pour engranger un maximum d'informations sur le sujet. Ensuite, il réfléchit à la façon dont il va aborder sa question et passe à l'étape de récolte de l'information. Pour faire ses enquêtes de terrain, le sociologue doit se confronter à la réalité. Enfin, il doit exploiter ses données et tirer des conclusions de son enquête. Il transmet ensuite ses conclusions à la presse ou dans des revues spécialisées.

 

- L’anthropologie

 

L’anthropologie a d’abord évoqué aux XVIème et XVIIème siècle une perspective allégorique ou une étude de l’âme et du corps. L'anthropologie par le moyen de la comparaison, de la généralisation et du passage à la mise en forme théorique, met les résultats de l'investigation ethnologique au service d'une connaissance générale de l'homme. En effet, une fois débarrassée des particularités des groupes sociaux, des inventions humaines et de la culture, l’anthropologie pourra éclairer ce qui reste, l'unité de la nature humaine.

 

- L’ethnologie et l’ethnographie

 

L’ethnographie et l’ethnologie sont deux termes qui apparaissent fin XVIIIème et début XIXème siècle. L’ethnographie s’intéresse d’abord au classement des langues alors que l’ethnologie possède un sens plus raciologique de classement des peuples et des races. L’ethnologie est d’abord une science qui reconstitue l’histoire des peuples. L’ethnologie utilise les matériaux de l’ethnographie en conservant une perspective descriptive.

 

En Allemagne, on utilise simultanément deux termes : Volkskunde qui signifie « étude de son propre peuple » et Völkerkunde qui signifie « description des peuples étrangers ».

 

En Russie, cette discipline scientifique est appelée « étude des peuples » et dans les pays anglophones « anthropologie culturelle et sociale ».

 

Pour Claude Lévi-Strauss, l'ethnographie est une phase de recueil de données principalement, en tant qu'outil de l'ethnologie, elle entretient avec elle le même rapport que la fouille archéologique avec l'archéologie.

 

Le travail de l'ethnologue est de se rendre compte de la diversité des cultures du monde. Il n'a pas forcément besoin pour cela d'étudier une peuple reculé : son terrain d'étude peut être plus proche.

Mais pour mener à bien sa mission, ce scientifique base tout son travail sur une enquête de terrain, une véritable immersion dans la vie de la population ou du phénomène qu'il étudie. Pendant plusieurs mois ou plusieurs années, il va vivre le quotidien de sa population d'étude, se rendre dans les mêmes lieux, s'intégrer en observant leurs coutumes, en adoptant leur langue ou leur dialecte. S'ensuit une longue période d'analyse et de rédaction.

 

Emile Durkheim (1858-1917) Sociologie

 

Emile Durkheim est considéré comme le père de la sociologie moderne. Il a fait de la sociologie une science sociale à part entière en posant les bases méthodologiques de cette discipline, puis en créant la revue L’année sociologique et en l’enseignant à l’université.

 

En faisant de la sociologie une discipline autonome, Durkheim a ouvert la voie à un courant de pensée distinct des traditions marxistes ou weberienne. Il a inauguré une méthode de recherche que l’on qualifie de quantitative car elle est basée sur des enquêtes statistiques.

 

Tout au long de son œuvre, Durkheim s’est interrogé sur les conditions de l’intégration sociale des individus. Quatre ouvrages constituent les points forts de sa réflexion : Les règles de la méthode sociologique (1894), De la division du travail (1895), Le suicide (1897) et Les formes élémentaires de la vie religieuse (1912). Il s’attache tout d’abord à définir l’objet de la sociologie qui est d’étudier les faits sociaux, avant d’énoncer les principales règles auxquelles doivent s’astreindre les sociologues.

 

En France, les disciples de Durkheim ont poursuivi sa réflexion sur les relations entre les individus et la société. Après la seconde guerre mondiale, l’influence de cette école s’est effacée mais d’autres courants de pensée comme les fonctionnalistes, ont emprunté à Durkheim certains de ses concepts.

 

Marcel Mauss (1872-1950) Ethnologie, ethnographie

 

Marcel Mauss a eu une influence exceptionnel sur l’ensemble des sciences sociales et humaines en France au XXème siècle. Il est considéré comme le père de l’ethnologie française. Son œuvre passe pour une source féconde et rafraîchissante, qui offre une inspiration inépuisable et un outil irremplaçable. Elle est absolument vivante, surtout par « l’Essai sur le don ».

 

Mauss partage la conviction durkheimienne qu’une méthode doit s’adapter à la nature des faits. Pour traiter les faits sociaux, il pense qu’il faille une discipline propre et qui soit intégralement positive, qui ne peut être que la sociologie. En effet, le savant propose une nouvelle approche du fait social qu'il envisage comme total, comportant des dimensions à la fois économiques, juridiques, religieuse. L'œuvre de Marcel Mauss reste une source intarissable pour les sciences humaines et sociales qu'il a ouvertes à de nouveaux horizons de par son œil engagé et novateur.

 

Claude Lévi-Strauss (1908-2009) Sociologie, ethnographie, anthropologie

 

L’anthropologue Claude Lévi-Strauss est le principal fondateur d’un courant théorique qui aura profondément marqué les sciences humaines françaises des années 1960 qui est le structuralisme. Il estime que les relations sociales sont régies par des règles comparables à celles qui organisent les échanges linguistiques. Il exclut les acteurs sociaux et de son champ d’analyse puisque ce sont les règles qui « agissent » et « parlent » par l’intermédiaire des hommes.

 

Au cours des années 1960 et 1970, le structuralisme a inspiré de nombreuses recherches. L’effacement du structuralisme à la fin des années 1970 a permis aux différentes sociologies de l’acteur de se développer.

 

Pierre Bourdieu (1930-2002) Sociologie

 

Pierre Bourdieu a fortement marqué la sociologie française depuis le début des années 1960. Influencé à l’origine par le structuralisme, il s’en est peu à peu détaché pour accorder une plus grande attention à la stratégie des individus et au domaine symbolique.

 

A partir des concepts d’« habitus » et de « champs sociaux », Bourdieu a tenté de dépasser l’opposition entre l’objectivisme et le subjectivisme. Ces concepts lui permettent en effet de rendre compte des stratégies des agents et, en même temps, de les replacer dans une logique sociale qui les dépasse. Il affirme la possibilité que la sociologie peut atteindre un haut degré de scientificité et d’objectivité. Elle a une fonction critique, de dévoilement des mécanisme sociaux. Il veut faire de la sociologie une science totale capable de restituer l’unité fondamentale de la pratique humaine.

 

Recherche n°2

 

Définition : « Un microfait social est une façon de faire (d’énoncer, de se posturer, de penser, d’imaginer), non consciente ou peu consciente, partagée par la majorité d’une groupe social de telle manière qu’il existe au moins un autre groupe social (ou le même, mais à une autre époque ou dans un autre contexte) qui fait différemment soit en ne disposant pas d’une majorité qui fait la même chose soit en disposant d’une majorité qui fait autrement. »

 

J’ai choisi d’enquêter sur quatre microfaits sociaux : le petit déjeuner, le symbole du cordon ombilical, les amulettes et la tenue d’une mariée.

 

Ayant fait de nombreux voyages à l’étranger, j’ai ainsi rassemblé mes souvenirs afin de mener à bien cette enquête. J’ai complété mes souvenirs avec des ouvrages dont « Rites de la mort » qui est le livre de l’exposition du laboratoire d’ethnologie du Musée d’histoire naturelle dirigé par Jean Guiart, « Venir au monde » de Lise Bartoli, « Dictionnaire des symboles, des rites et des croyances » de Catherine Pont-Humbert et « Aux voyageurs du monde «  de Geneviève Clastres.

 

Le petit déjeuner

 

Autour des aliments, de la façon de les mélanger ou de les dissocier dans les préparations culinaires, se retrouvent un grand nombre de croyances à travers le monde. Le choix des aliments est fondamental pour l’harmonie du corps et occupe dans l’activité humaine une place centrale.

 

Le petit déjeuner est un repas essentiel à notre équilibre nutritionnel. Ainsi il m’a semblé intéressant de voir de plus près l’importance qu’il peut avoir dans le monde entier.

 

En Angleterre : Le full English breakfast (petit déjeuner traditionnel) comprend le plus souvent un plat de céréales ou de porridge (bouillie d’avoine au lait) et un jus de fruits. Viennent ensuite le plus souvent, des œufs, du bacon, des saucisses, des baked beans (haricots en sauce) sur des toast parfois des champignons ou du poisson ou encore du black pudding (boudin noir). Enfin, pour terminer, des toast beurrées et accompagnés de marmelade d’orange. Et comme boisson, thé au lait ou café au lait. Cette tradition demeure vivace dans de nombreuses familles, essentiellement le week-end.

 

En Italie : Souvent pris dans le coin d’un bar, le petit déjeuner typique italien se compose d’un cappuccino et d’un cornetto (croissant) ou de panettone.

 

En Allemagne : Pour démarrer la journée, les allemands se contentent de pains aux céréales agrémenté de margarine, de charcuterie et de fromage ainsi que de café et thé comme boisson.

 

En Russie : Le zavtrak (petit déjeuner) typique comprend des blinis (crêpes épaisses) salés ou sucrés, de la kacha (bouillie) à base de sarrasin ou d’autres céréales et des syrniki (boulettes au fromage blanc) accompagnées de confiture, de sucre.

 

En Mauritanie : Après un verre de thé, les mauritaniens prennent au petit déjeuner, des graines.

 

En Inde : Les indiens se nourrissent de salade de légumes au yogourt, de galettes frites et de thé aromatisé au petit déjeuner.

 

Au Laos : Le matin, les Laos prennent un vrai repas composé de soupe à base de blé ou de riz, si ce n’est carrément du riz gluant avec quelques morceaux de viande séchée. On trouve aussi un sandwich composé de rondelles de concombres et de persil.

 

A Bali en Indonésie : Traditionnellement, le petit déjeuner se compose d’un gâteau de riz compressé, mélangé à des légumes vapeur et à une sauce à la cacahuète. On trouve aussi du riz bouilli nappé de légumes verts et de germes de soja accompagné de pâte de piment et de noix de coco grillées.

 

Au Japon : Le petit déjeuner est composé de soupe aux algues, de riz blanc, de saumon salé grillé et enfin comme boisson, de thé vert.

 

Le cordon ombilical

 

S’il est peu d’étapes du cycle vital qui échappent à une élaboration symbolique, la naissance est probablement une de celles qui suscitent les croyances les plus fortes et les rites les plus indéfectibles.

 

Le nouveau né est généralement considéré comme un être fragile susceptible de recevoir des influences négatives, d’être menacé par des esprits malfaisants ou des forces nuisibles. Il s’agit donc d’entourer la venue au monde et les premiers moments de la vie de toutes les protections aptes à faire barrage à ces éléments hostiles.

Le cordon ombilical devient très vite l’objet de rites spécifiques après qu’il s’est séparé du corps de l’enfant.

 

En Equateur : (peuple Cayapas) Il faut que la sage femme enterre le cordon sous la maison dans les deux heures qui suivent l’accouchement car ils pensent qu’un esprit malveillant cherche à se procurer les bouts de cordon pour les transformer en bête féroce, une bête qui tuerait les gens.

 

Au Guatemala : Le cordon séché est placé dans un petit sachet qu’on accrochera dans la cuisine si c’est une petite fille car ainsi elle deviendra une bonne ménagère et si c’est un garçon, on l’accrochera à la branche d’un arbre pour que l’enfant devienne grand et fort.

 

En Inde : Le cordon doit être enseveli à la verticale sous la terre afin que Vishnou puissent l’attraper facilement et tirer l’enfant vers le paradis.

 

Au Viêt-Nam : (nord) Des petits bouts de cordon ombilical seront ajoutés à du thé que l’on fera avaler à l’enfant jusqu’à l’âge d’un an pour soigner les coliques.

 

A Java : La grand-mère maternelle enfouit le cordon dans la terre qui reviendra à l’enfant lors de sa majorité. Elle y ajoute cinq pousses de noix de coco.

 

En Côte d’ivoire : (peuple des Agnis) Il ne faut jamais montrer le moindre bout de son cordon à un nouveau né sinon il tomberait malade et pourrait mourir.

 

Aux îles du Cap-Vert : Chaque fois que le bébé a mal, on fait chauffer de l’eau et on trempe le cordon dedans. On fait ensuite boire cette eau chaude à l’enfant pour le guérir des maux de ventre.

 

En Angola : (peuple Kassemblés) Le cordon ombilical est ingéré par les parents et les grands parents du père de l’enfant afin de renforcer les liens qui les unissent pour la vie au nouveau-né.

 

En Algérie : On garde le cordon ombilical précieusement et on le montre à l’enfant quand il a atteint sa septième année.

 

Les amulettes

 

Une amulette est un objet qu'on porte sur soi et auquel on accorde des vertus de protection et ou qui porte chance.

Une amulette peut être une gemme, une statue, une pièce, un dessin, un pendentif, un anneau, une plante, un animal, un geste. Les amulettes varient énormément selon le lieu et l'époque. Les symboles religieux en jouent souvent le rôle. Les amulettes sont également liées à la démonologie et la sorcellerie. Les amulettes peuvent même être destinées à protéger un foyer, un immeuble ou même un village entier.

 

En Turquie : On trouve des boîtiers triangulaires en argent ornés de coraux amentiformes et pendeloques terminées par une palmette. Cette amulette sert à enfermer des prières propitiatoires éloignant le mauvais œil.

 

En Chine : On trouve des anciennes armes en satèque pour se défendre contre les mauvais démons.

 

Au Laos : On trouve des colliers de protection avec pierre polie historique, pierres et concrétions animales.

 

Au Cambodge : On trouve des gilets avec des inscriptions magiques et religieuses à porter sur la peau.

 

En Allemagne : On trouve deux dents de cervidé montées sur argent.

 

En Espagne : On trouve des portes clés en métal doré avec squelette en plastique dont les yeux sont en verre rouge.

 

En Italie : On trouve une bague surmontée d’une tête de mort ou bien une hache polie utilisée contre la foutre.

 

En Libye : On trouve des amulettes écrites qui associent les vertus du texte coranique à une géométrie symbolique.

 

En Iran : On trouve des griffes de loup utilisées pour la protection des enfants.

 

La robe de mariée

 

Une robe de mariée est un vêtement traditionnel que porte la femme le jour de son mariage. Elle est porteuse de valeurs symboliques.

 

Dans les pays occidentaux : La robe de mariée est le plus souvent entièrement blanche et quelques fois rehaussée de tâches de couleurs pastel, rose, bleu ou même rouge.

 

Au Québec : La robe de mariée, que la jeune fille ne portera qu'une seule fois, est la concrétisation de son plus grand rêve, de l'image qu'elle s'est créée dans son univers de féerie. Elle exprime par le choix du modèle, du style, du tissu et des accessoires sa conception de la beauté et ses goûts. Le marié porte une fleur à la boutonnière. Cette boutonnière est assortie aux fleurs du bouquet de la mariée.

 

En Chine : Les robes de mariage Chinoises on atteint une large renommée mondiale grâce à leurs broderies anciennes et artistiques. Le rouge et les belles broderies symbolise la joie, la fête et la prospérité. Les habits de mariage traditionnels incluent une tenue deux pièces appelée « gua », « kwa », ou le « cheongsam ». Ces tenues sont surtout prééminentes chez les jeunes mariées de Chine méridionale.

Les tenues de mariage portées traditionnellement en Chine comportent des dessins de dragon et de phénix, que ce soit pour les hommes ou pour les femmes. Le dragon est le symbole du pouvoir et est honoré en Chine depuis des temps ancestraux. La combinaison du dragon et du phénix symbolise l'équilibre des pouvoirs masculins et féminins. La couleur rouge joue un rôle essentiel lors des festivités de mariage chez les Chinois. Le rouge est considéré ici comme une couleur vive et porte bonheur. De plus, cette couleur signifie amour, prospérité et bonheur ; c'est pourquoi tout est rouge.

 

En Inde : Le sari de mariage sera choisi de couleur rouge. Cet élégant vêtement traditionnel, porté par les femmes mariées, consiste en une seule très longue pièce de tissu savamment drapée.

 

Au Japon : Au cours de la réception, la jeune mariée change plusieurs fois de tenue passant du kimono de mariage à la robe romantique à la robe blanche de mariée occidentale. Une mention spéciale pour le kimono blanc de mariage « shiromuku ». La couleur blanche est réservée exclusivement aux kimono de mariage. Le « shiromuku » est doté d'une sorte de capuchon, censé dissimuler les cornes du diable, qui sont les attributs évidents d'une femme.

 

En Algérie : Traditionnellement, le karakou est la tenue vestimentaire principale de la mariée algérienne et kabyle. Il s'agit d'un élégant gilet en velours à manches longues, richement brodé de fil d'or qui se porte avec une jupe longue évasée ou plus ajustée pour les modèles modernes. Toutefois, lors d'un mariage algérien, il est d'usage que l'épouse revête plusieurs tenues très différentes, généralement au nombre de cinq, y compris un caftan marocain, une tenue de mariage indienne ou la très classique robe blanche occidentale.

 

En Mauritanie : La femme porte un voile en guinée de couleur bleu nuit le jour de ses noces.

 

Au Maroc : Les robes de mariées traditionnelles portées aussi bien par les épouses musulmanes que juives sont nommées « keftan » ou « caftan » ou encore « tatchika » dans leur version plus moderne et légère. De nos jours, la robe de mariée marocaine se compose de trois pièces : une dfina de dessous en brocard ou satin de soie ou lamé et une dfina à enfiler par-dessus en satin ou organza que l'on fait tenir par une ceinture très large.

 

Recherche n°3

 

Définition : « Un inimaginable est une façon de faire ou de penser qui ne peut pas être engendrée (imaginée, pensée, réalisée) par l’ « être social » de l’observateur. »

 

- D’après « Les Jivaros » de Michael J. Harner (p.95)

 

« En revanche, les femmes qui désirent avoir un enfant et qui n’en n’ont pas conçu depuis un certain temps, peuvent recourir à un remède contre la stérilité. » Quel est ce remède ?

 

Solution : inimaginable « On réduit en poudre l’os d’une patte de renard qu’on mélange à de la bière de manioc, et on avale la mixture. »

 

- D’après « Les Jivaros » de Michael J. Harner (p.177)

 

« Le travail du guérisseur est complémentaire de celui du sorcier. Lorsqu’on appelle un guérisseur pour qu’il traite un patient, sa première tâche est de voir si la maladie est due à un sort. Le diagnostic es le traitement commencent d’habitude lorsque le chaman boit du natemä, de l’eau de tabac et du pili-pili dans la fin d’après midi ou le début de la soirée. » A quoi vont lui servir ces drogues ?

 

Solution : inimaginable « Ces drogues lui permettent de voir à l’intérieur du corps du malade, comme s’il était en verre. »

 

- D’après « Les Jivaros » de Michael J. Harner (p.183)

 

« Si le mort est un nouveau né ou un petit enfant, on place son corps à la verticale ou en position assise dans une grande jarre à faire la bière ou dans un grand récipient de cuisine. On pose par-dessus une casserole renversée qui sert de couvercle et on la scelle avec de l’argile. » Ou est-il alors enterré ?

 

Solution : inimaginable « L’urne est alors enterrée au centre de la maison et recouverte de fûts de palmier chonta qui protègent la poterie du poids des gens qui marchent dans la maison. »

 

- D’après « Tristes tropiques » de Claude Lévi-Strauss (p.247)

 

« Seuls les hommes chantent ; et leur unisson, les mélodies simples et cent fois répétées, l’opposition entre des solos et des ensemble, le style mâle et tragique, évoquent les chœurs guerriers de quelques Männerbund germanique. » Pourquoi ces chants ?

 

Solution : inimaginable « A cause de l’iara. Nous avions apporté notre gibier et il était nécessaire d’accomplir sur lui, avant de pouvoir le consommer, un rituel compliqué d’apaisement de son esprit et de consécration de la chasse. »

 

- D’après « Tristes tropiques » de Claude Lévi-Strauss (p.315)

 

« En plus de l’arc et des flèches, l’armement comprend une sorte d’épieu aplati dont l’usage semble magique autant que guerrier. » Quel est l’usage de cet épieu ?

 

Solution : inimaginable « Je ne l’ai vu utilisé que pour des manipulations destinées à mettre en fuite l’ouragan ou à tuer, en le projetant dans la direction convenable, les atasu qui sont des esprits malfaisants de la brousse. »

 

- D’après « Mœurs et sexualité en Océanie » de Margaret Mead (p.28)

 

« De chaque village, le sol descend vers « de mauvais endroits », où l’on trouve les enclos pour les porcs et les lieux d’aisance. Là aussi sont construites les huttes qu’habitent les femmes au moment de leurs menstruations et des accouchements. » Pourquoi les femmes vivent-elles en dehors du village lors de leurs menstruations et des accouchements ?

 

Solution : inimaginable « Car leur sang serait dangereux pour le village. »

 

- D’après « Mœurs et sexualité en Océanie » de Margaret Mead (p.55)

 

« La femme qui veut concevoir doit mener une vie aussi passive que possible. Gardienne de l’enfant en gestation, elle est tenue de prendre certaines précautions. » Quelles sont ces précautions ?

 

Solution : inimaginable « Elle ne doit pas manger de péromèle sous peine de mourir en mal d’enfant, car le péromèle se terre trop profondément. Elle ne doit pas non plus manger de grenouille, sinon l’enfant naîtrait trop soudainement, ni d’anguilles car il viendrait au monde avant terme. Lui sont interdits également le sagou qui vient d’un lieu marsalai, et les noix d’un cocotier taboué par le tamberan, objet surnaturel du culte des hommes. Si elle veut que l’enfant soit un garçon, elle ne devra jamais rien couper en deux, sinon elle aura une fille. »

 

- D’après « Un voyage chez les Aïnous » d’Arlette et André Leroi-Gourhan (p.33)

 

« Contrairement à ce qui en usage au Japon, ici, seules les femmes sont tatoués ; les marques s’ajoutent et se superposent au fil des années. Comme partout, le traitement est très douloureux, particulièrement pour la région située au dessus des lèvres. Les scarifications seront faites petit à petit sur le pourtour de la bouche. » Quelles sont les significations et les raisons de cette souffrance acceptée ?

 

Solution : inimaginable « Les tatouages seraient un moyen de compenser l’extrême pilosité des hommes qui entraîne un complexe d’infériorité chez les femmes. Les tatouages sont effectués aux endroits où, chez les hommes, les poils sont très visibles. »

 


6 mars 2012

BOURDIEU Pierre & BOLTANSKI Luc. La production de l'idéologie dominante.

La production de l’idéologie dominante, Pierre Bourdieu – Luc Boltanski

 

 

Pierre Bourdieu, auteur de nombreux et célèbres ouvrages est un éminent sociologue contemporain qui a fait ses recherches sur plusieurs domaines, mais son attention s’est notamment portée sur la reproduction sociale. Luc Boltanski est lui aussi un sociologue contemporain de la même école que Pierre Bourdieu mais avec néanmoins certaines divergences dans la manière de procéder à ses études ainsi que dans le choix des sujets d’études.

Pour introduire ma fiche sur cet ouvrage je vais commencer par le résumer grossièrement et ensuite donner le plan de mon étude. “La production de l’idéologie dominante”, écrit par Pierre Bourdieu et Luc Boltanski, version éditée par Raisons d’agir et les éditions Demopolis en 2008, traite d’un sujet posé relativement clairement dans le titre : L’idéologie dominante.

Pour ce faire, Bourdieu et Boltanski optent pour la dénonciation à travers la constatation. Afin de définir rapidement ce qu’ils appellent “l’idéologie dominante”, nous pourrions dire qu’il s’agit de l’idéologie qui se retrouve le plus dans les consciences collectives. Cela ne serait pas exact, en tous cas pas suffisant, car en réalité, les auteurs désignent cette idéologie dominante comme étant celle que les personnes ayant l’argent, le pouvoir et l’influence, ce que Bourdieu et Boltanski appellent “la classe dominante”, s’affairent à imposer dans les consciences collectives, ce par différents moyens, ce qui est une nuance importante.

Mon plan explorera le livre sous deux aspects, qui feront office de deux parties, la troisième et dernière étant celle dans laquelle je ferai une analyse profonde de l’ouvrage en me servant des points exposés dans les deux premières parties. La première partie analysera la forme du livre, la deuxième le fond de celui-ci, ce qu’ont voulu dire les auteurs, et la troisième sera plus subjective.

 

 

 

Les propriétés des textes dans lesquels la fraction dominante de la classe dominante livre sa philosophie ont dicté la forme adoptée ici pour les présenter, celle du dictionnaire.” Les premiers mots de l’introduction de “La production de l’idéologie dominante” sont explicites.

En effet, dès la première partie, nommée “Encyclopédie des idées reçues et des lieux communs, avec une en-tête stylisée, décorée d’une citation d’étudiant en grande école qui sert à évoquer à froid le genre de mentalité qui va être dénoncé. Suite à cela, c’est une vingtaine de pages de définitions exactement présentées comme dans un vrai dictionnaire, mais avec des mots choisis : les propriétés dont on parle dans la première phrase de ce paragraphe.

Ensuite, même si le concept de dictionnaire, servis pour “combattre” “l’ennemi” avec ses propres “armes”, se cantonne à cette partie dédiée, on la retrouve quelque peu dans la deuxième partie. Effectivement, “les aventures d’une avant-garde” est découpée en cinq parties toutes nommées par un nom propre, comme si ces noms étaient des mots et l’étude ceux-ci était leurs définitions. “X-Crise” et “Esprit” sont les plus éloquents.

Nous retrouvons et reconnaissons aisément lorsque c’est Bourdieu qui écrit, en raison des nombreuses redondances. Ces répétitions et chiasmes sont typiques de l’auteur, et ils se retrouvent sous plusieurs aspects. Non seulement dans la façon d’opposer des mots (“Parménide/Héraclite, statique/dynamique, déterminisme/liberté”) mais aussi dans la façon de les ponctuer. En effet, les guillemets se retrouvent souvent, ce qui donne un aspect récurrent, voire rébarbatif pour le lecteur. Dans la deuxième partie, nous verrons que cet effet de redondance ne se contente pas de la forme brute des mots, et qu’il a un sens, une origine.

Enfin pour conclure l’étude de la forme, on peut évoquer la présence de beaucoup de photographies et d’archives, ainsi que celle d’un seul diagramme, ce qui dans un livre sociologique se retrouve soit à plusieurs reprises, soit pas du tout, et la présence d’un unique graphique contraste avec l’effet de redondance apposé au reste.

 

 

 

Les noms propres utilisés par Bourdieu et Boltanski dans la deuxième partie de “La production de l’idéologie dominante” pourraient être pris pour des noms inventés par ces derniers afin de définir certains groupuscules ou certaines idéologies, mais il s’agit en fait bien de noms propres qui préexistaient au livre et qui signifient quelque chose. C’est un problème car à moins d’être cultivé de telle sorte qu’on les connaît avant, ces noms et ce qu’ils définissent ne sont pas toujours directement ni/ou bien expliqué. Ils le sont, évidemment, au cours des paragraphes qui leurs sont consacrés mais le lecteur à chaque fois plonge dans un étang dont il ne connaît pas la profondeur et il peut se noyer ou s’assommer contre le fond. Cependant, il est notable que la conclusion de chaque petit chapitre sur ces notions (X-Crise, le Commissariat au Plan, etc.) est très claire et si l’on a pas bien saisi le sens du chapitre, on est éclairé par l’éloquence des dernières lignes.

La présence assommante de guillemets et d’oppositions de termes prend un sens dans le fond et n’est pas simplement le fruit d’une obsession de Bourdieu pour une certaine ponctuation. En effet il n’est pas illogique de croire que cela est une conséquence de leur observation. En évoquant les méthodes de la classe dominante pour inculquer son idéologie, les auteurs en sont arrivés à écrire de nombreuses oppositions car c’est ce que la classe dominante essaierait d’imposer comme réflexion : l’opposition des extrêmes. Cela peut tout aussi bien être volontaire, fait dans le but de souligner une des choses qu’ils dénoncent : cette méthode répétitive d’oppositions à insérer dans les consciences collectives. Les guillemets quant à eux seraient donc là pour servir d’atténuateur de sens, et non de citeurs. Servir d’atténuateur de sens sur des termes employés dans le discours dominant afin de montrer qu’ils sont vides, fades, voire insensés. En bref, ce qui est certain c’est que cela a une raison et n’est pas simplement là, pour rien.

Dans cet ouvrage, Pierre Bourdieu et Luc Boltanski dénoncent les méthodes de la classe dominante ainsi que son objectif. Pour ce faire, ils évoquent d’abord tous les contextes dans lesquels la classe dominante opère et expliquent ensuite la façon dont elle procède dans chacun d’eux. Ils laissent comprendre qu’à chaque fois, elle procède de la même façon. Ainsi, d’ailleurs, les auteurs procèdent toujours de la même façon pour dénoncer les agissements de la classe dominante dans chaque chapitre. Tout d’abord, donc, ils parlent de ce que fait la classe dominante dans le contexte en question, ils donnent ensuite leurs regards et leurs critiques (négatifs) pour démanteler complètement ces méthodes “évidentes”, et finissent toujours avec la même conclusion.

 

 

 

Lorsqu’ils énoncent la façon de procéder de la classe dominante à travers tous les contextes, ils soulignent trois choses : la construction méthodique et identique à chaque fois, le matraquage d’informations, et l’hypocrisie, le mensonge. Ils parlent donc de la façon dont les personnes « de pouvoir », autrement dit celles de la classe dominante, façonnent la société française à leur image et telle qu’ils l’entendent. Les différents contextes à travers lesquels elle instaure l’idéologie dominante sont nombreux.

Il y a l’éducation, qui est la source de tout. Non seulement dans la façon de former le programme scolaire, et de choisir soigneusement les valeurs que les professeurs doivent enseigner dès le plus jeune âge, mais aussi cela se prolonge dans les études supérieures, en grandes écoles de sciences politiques. Bourdieu et Boltanski dénoncent une éducation sous forme d’imposition de savoirs, d’élaboration d’une sorte de dogme que les étudiants doivent suivre s’ils veulent « réussir » et par la suite eux-mêmes contrôler les choses.

Et justement, c’est plus tard à la sortie de l’école que l’on retrouve les autres contextes dans lesquels s’installe l’instauration de l’idéologie dominante. Dans la politique, cela passe par la forme du discours des membres du gouvernement. Des discours bien étudiés, qui instaurent des façons de pensée dont on est soit garant, soit opposé, mais ces discours font exprès d’impliquer l’idéologie dominante même dans l’opposition, car c’est une opposition « courue d’avance » que la classe dominante prévoit, voire prépare, par exemple.

Ces discours bien ficelés et aux réactions anticipées se retrouvent dans le domaine plus populaire ; les sondages, par exemple, proposent des choix dans leurs questions. Et ces choix sont rigoureusement choisis pour éviter qu’on pense à une autre possibilité, éviter que ces choix sont limités ; parce qu’ils le sont, limités, et ce volontairement par ceux qui les donnent.

Enfin, on voit que l’idéologie dominante est instaurée dans des secteurs plus privés tels que les écoles de science-po, pour mieux parvenir à s’instaurer via la communication dans les consciences collectives.

C’est là du moins ce que disent et accusent Pierre Bourdieu et Luc Boltanski.

 

 

 

L’ouvrage se termine par un bel exemple bien illustré et représentatif de ce qu’ils dénoncent : Une entrevue de Jacques Chirac par Alain Duhamel, durant laquelle les questions et réponses sont légendées par les auteurs dans le but de souligner toute la méthode professionnelle et stratégique qui se cache derrière une conversation d’apparence relativement banale ; autant que peut l’être une entrevue au regard des Français.

Il n’y a donc pas de suggestion de solution, juste une observation, une constatation, une dénonciation. Ce livre aide car il porte à la réflexion et à réaliser les tenants et aboutissants de la société dans laquelle nous vivons, mais ne propose pas d’aide concrète.

 

 

6 mars 2012

Observation ethnographique de la ligne 8 du métro Parisien.

 

Station Créteil-préfecture ligne 8 direction Balard à 14h45 le mardi 11/01/11

 

 

 

Je suis situé dans l’avant dernier wagon, le métro encore à quai. Les gens attendent sur le quai long d’une petite centaine de mètres. L’escalator et l’escalier mènent directement sur le quai. Deux panneaux indiquant le train qui partira sont suspendus au plafond, le regard des gens suspendu à ceux-ci en attendant de savoir quel train prendre car ça n’est pas toujours du même côté.

 

 

 

Je suis situé au fond du wagon, sur un siège en «cuir bleu foncé. Face à moi, trois places. A côté de moi, deux places. C’est un petit compartiment délimité par le dossier de quatre autres sièges dos aux deux rangées de trois sièges du compartiment. Au niveau de la limite entre ce petit compartiment et le reste du wagon sont affichées, sous plexiglas, deux publicités. L’une d’entre elle est celle d’un produit technologique, l’autre pour un site internet d’aide scolaire, sous forme humoristique : deux lignes en japonais avec en dessous une phrase « Si vous pensez que c’est du chinois, appelez Acadomia ». Dans le compartiment, les sièges sont collés mais séparés par des petites structures en fer qui ne peuvent pas servir d’accoudoir. Au sol, initialement constitué de caoutchouc au relief régulier en pastilles, je remarque que c’est plat là où les voyageurs peuvent poser les pieds, le reste du relief intact se trouvant sous les sièges. A ma droite, il y a le fond du wagon. Il semble être fait de fer, recouvert d’une épaisse couche de peinture bleu ciel. Il y a au centre une porte avec une poignée fixe et une serrure. La porte se trouve sur un support en fer qui est un peu plus haut que le sol du wagon. Il y a également une vitre sur la porte, et sur chaque paroi du métro, pas teintées.

 

 

 

En face de moi vient de s’assoir un homme d’âge moyen de type asiatique, quelques stations après qu’une jeune femme se soit assise dans mon compartiment mais à la place opposée (rangée d’en face, plus proche de la sortie). Les deux lisent un journal. La fille lit « Le Parisien » ainsi qu’un autre journal pour l’instant posé sur ses genoux. L’homme lit le 20Minutes. Ils sont tous deux habillés avec des jeans et une veste chaude mais pas encombrante. Les deux possèdent une montre au poignet mais pas de bijoux. Par terre, sous le siège de l’homme asiatique, il y a un journal abandonné. Sur les parois intérieures du wagon, autour de moi, il y a des graffitis en tous genres. Des phrases écrites au feutre, des tags faits de peinture, feutre, ou encore gravés dans la peinture.

 

 

 

A côté de moi viennent de s’assoir deux femmes noires d’origine africaine. Elles sont occupées à consulter des papiers administratifs (courriers etc.). La plus proche de moi, qui s’est assise en dernier, est la plus âgée des deux. Elle porte une étoffe blanche aux symboles marrons sur les épaules et un voile noir à motifs blancs sur la tête. En dessous, une doudoune noire. Elle porte un sac à main noir en cuir. Sa voisine, plus jeune, habillée avec une veste en laine noire, porte une écharpe grise et noire, et un jeans. Elle a un sac marron clair. Elles discutent dans une langue africaine.

 

 

 

Arrivé à Daumesnil à 15h03, il y a un échange de personnes. C’est-à-dire qu’un plus grand nombre, par rapport aux stations précédentes, de gens sont descendus, mais également montés (plus qu’avant également). Cette station, sur le plan de la ligne situé au-dessus de chaque sortie du wagon, est marquée d’une pastille «verte avec un « 6 ». Cette même pastille « 6 » était voisine d’une flèche directionnelle sur un panneau sur le quai.

 

 

 

La vieille femme noire descend seule à Reuilly-Diderot.

 

Plusieurs personnes sont entrées dans le wagon depuis. Il reste des places libres, et celles qui sont prises sont notamment celles contre les murs. Les gens qui y sont assis se reposent contre le mur, yeux fermés et parfois ouverts. Chacun porte avec lui un bagage, de taille variable (sac à main, sac à dos). Un homme d’apparence jeune est entré et est resté debout quelques temps avant de s’assoir, ainsi qu’une jeune femme à cet instant. Une femme portant un bonnet rit doucement. (Elle a peut-être compris ce que je fais !) A Bastille, beaucoup de gens sont descendus, dont la jeune femme qui restait debout, mais personne n’est monté. Il y a un homme et une femme d’âge mûr qui sont assis l’un à côté de l’autre. Ils discutent, et portent tous deux des lunettes. Deux jeunes femmes viennent d’entrer, habillées chaudement, mais elles ont soigné leur apparence. Elles se sont assises au milieu du wagon, dans l’un des compartiments formant un carré : deux places en face de deux autres. Elles se sont assises l’une en face de l’autre car les deux sièges contre la paroi sont pris. Elles discutent en riant. Un jeune homme entre dans le wagon, en trottinant. Il consulte du regard le plan de la ligne. Il s’assoit, avachi contre le mur, se reposant contre, comme les autres. Ses jambes sont écartées, il respire avec la bouche ouverte, les yeux alertes.

 

 

 

A République, un prompt échange de voyageurs vient de se passer. Dans mon compartiment tout le monde est descendu très vite. En, même temps, quatre personnes sont entrées. Deux jeunes personnes un homme et une femme), une femme d’âge mûr et un homme d’âge moyen. Ce dernier s’est assis contre le mur. La dame restait debout et est sortie à la station d’après, ainsi que le jeune homme, mais ils marchent séparément sur le quai.

 

 

 

A Strasbourg-Saint-Denis, la station suivante, une jeune femme habillée en noir, avec un pantalon de jogging, des baskets, une veste en cuir, un pull et une écharpe, s’assoit dans le compartiment. Elle tient une canette entre ses deux mains et a de gros écouteurs sur la tête. Je remarque que l’homme asiatique a laissé derrière lui le 20Minutes, sur le petit muret derrière la rangée de trois sièges.

 

 

 

Deux personnes viennent de s’assoir à côté de moi, un homme et une femme d’âges mûrs, habillés chaudement. Dans le reste du wagon, les gens s’additionnent. Toutes les places assises sont prises, et debout ne reste que des jeunes femmes. Un vieil homme est cependant venu s’assoir en face de moi. Il lit un livre, porte un béret, des lunettes et une écharpe rouge.

 

A Opéra, à 15h22, beaucoup de gens descendent et montent. Chacun se dirige vers un siège qui s’est libéré. Mais un homme d’âge mûr, avec des lunettes et une écharpe rouge, les mains dans les poches, reste debout, bien qu’appuyé contre le strapontin replié.

 

 

 

Je descends à Invalides à 15h26. Il y a beaucoup de monde dans le wagon mais pas d’affluence. Quelques personnes, trois ou quatre, sont descendues avec moi.

 

 

 

 

 

18h01, ligne 8 station Bastille direction Créteil, le mardi 11/01/11

 

 

 

Le métro est surchargé dans les deux premiers wagons de tête, et dans les autres toutes les places sont prises. J’ai malgré tout réussi à me trouver une place ; je suis assis presqu’au fond du wagon, pas dans le compartiment de six places ; il est complet. Je suis dans l’espace le plus vaste du wagon, à une place voisine d’une autre, où se trouve un homme noir discutant avec un autre, restant debout. A notre gauche, deux places occupées. Juste en face de moi, deux places occupées. A environ soixante centimètres d’eux, deux autres places du même type, et derrière des quatre places, le compartiment de six places.

 

 

 

Dans le wagon, à Reuilly-Diderot à 18h04, de nombreuses personnes sont montées. La plupart sont des adultes de tous genres et âges. Certains restent accrochés aux deux barres en fer verticales qui joignent le plafond et le sol. D’autres écoutent quelque chose dans leurs écouteurs, d’autres consultent leurs téléphones portables. Ils ont, pour la plupart, des bagages type sacs à dos et mallettes, ou sacs à mains. Lorsqu’ils montent et que l’espace se fait moindre, les gens assis se relèvent. Je reste pour ma part assis. Juste au-dessus de ma tête, sur la paroi juste à côté de la porte du wagon, il y a un plan du métro et du RER de Paris, avec un avertissement au-dessus au sujet d’artistes clandestins et autorisés par la RATP dans les couloirs du métro, incitant les voyageurs à agir d’une certaine façon.

 

 

 

A 18h09, à Porte Dorée (deux stations après Daumesnil) le wagon se vide petit à petit et personne ne monte.

 

 

 

Les portes du wagon sont au nombre de six. Trois de chaque côté. Elles s’ouvrent lorsque quelqu’un appuie sur le bouton vert avec l’inscription « Pour ouvrir appuyer » en majuscules, et se ferment lorsque retentit une alarme, qui provoque une accélération du mouvement des gens sur le quai. Elles fonctionnent en coulissant de chaque côté pour se séparer et ouvrir l’entrée en deux. Elles sont en fer et recouvertes presque de moitié par une vitre aux rebords en caoutchouc noir. Beaucoup de graffitis faits par frottement et/ou gravures marquent ces portes.

 

 

 

Un homme debout s’appuie sur la porte qui ne s’ouvre pas (pendant presque toute la ligne, car le quai se trouve à l’opposé la plupart des stations.) Il plaçait sa main libre entre son dos et la porte mais il est descendu.

 

 

 

Je remarque que presque toute personne seule est occupée avec un objet. Un téléphone portable, un jeu vidéo portable, un journal, un lecteur mp3, ou encore des mots croisés.

 

 

 

 

 

Deux jeunes femmes discutent, jambes croisées, l’une d’entre elle vient de sortir, l’autre perd son sourire et baille. Elle reste néanmoins dans la même position qu’avant, l’air fatigué et las. Les deux hommes noirs qui discutaient à côté de moi ont changé de place. Ils sont désormais assis sur les deux sièges à ma gauche.

 

 

 

A 18h18, à partir de « École vétérinaire de Maison-Alfort  des places se libèrent et personne ne monte.

 

 

 

Les sièges, en dehors des compartiments où ils sont fixes, sont des strapontins qui sont supportés par une structure en fer. Dans l’ensemble du wagon, il y a deux compartiments de six places aux extrémités, deux compartiments en carré de quatre places l’un à côté de l’autre, deux fois en tout dans le wagon. Et il y a trois espaces de passages, où il y a en tout huit places regroupées par deux. Une porte de chaque côté. En tout il y a cinquante-deux places assises, pour six portes, vingt-cinq vitres, six barres verticales en fer, seize autres barres en fer situées proches des places et portes, et une barre en fer à chaque couple de strapontins, sur le dossier, ce qui en fait douze au total.

 

 

 

 

 

A 18h25 je suis en chemin depuis l’avant-dernière station pour Créteil-préfecture, le terminus. Il n’y a plus beaucoup de gens dans le wagon mais quand même plus qu’à Créteil-préfecture lorsque je suis parti à 14h45.

 

 

 

Le plafond est fait de plaques grillagées en fer, cachant les néons qui éclairent l’intérieur du wagon. Il y a entre la porte et une publicité pour des cours d’anglais, une poignée rouge au-dessus d’une affichette explicative de son usage, juste au-dessus d’un message d’avertissement illustré et écrit en quatre langues : Français, Anglais, Allemand, Espagnol.

 

 

 

A 18h27, le voyage est fini. Les escaliers du quai sont autant empruntés que les escalators, et contrairement à l’intérieur du wagon généralement silencieux, les conversations éclatent une fois les gens sortis sur le quai.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En conclusion, je dirais que la ligne 8 du métro Parisien est un espace social très complexe. Chaque individu empruntant le métro emprunte une voie de déplacement et a donc une idée d’où il veut se rendre ; Il n’est pas là pour rien, et sait ce qu’il veut. Il a un objectif en tête, ce qui implique une prise en compte de sa part de la vitesse du temps et de la distance.

 

 

 

Dans cet espace de transport en commun, il y a un grand nombre d’informations extérieures apportées aux voyageurs, laissées là par la RATP.

 

 

 

Il y a les informations au sujet du bon fonctionnement du transport qu’est le métro, à l’aide de poignées d’alarmes avec affichettes explicatives, d’avertissements illustrés et écrits en plusieurs langues, ce qui prend en compte la multiple ethnicité des voyageurs dont les touristes, les plans des lignes, avec les changements de chaque station, les terminus de chaque ligne, et également un grand nombre de publicités, affichées aux murs ou suspendues au plafond. Sur les quais, les publicités sont plus grandes et surplombent les personnes patientant sur le quai grâce aux murs courbés dus à la forme en tunnel des stations.

 

 

 

Tout ce lot d’information fait de ce lieu un espace complet et sans parcelle d’endroit où le regard ne peut contempler quelque chose de « parlant ».

 

 

 

Mais c’est aussi un endroit où on se sent enfermé, et obligé de s’adapter à l’environnement. Les stations aux murs carrelés, formant comme de grandes salles de bain et nous enfermant dans ce tunnel éclairé, et qui se prolonge de chaque côté dans le noir le plus profond. Les métros aussi, en fer, un peu recourbés au niveau du plafond, font de leurs wagons un espace clos et presque intime.

 

 

 

C’est d’ailleurs aussi un endroit où les gens, même ceux qui se connaissent le moins du monde, se rencontrent sans avoir le choix. J’ai remarqué qu’un wagon vide se remplit d’abord par les places assises des compartiments et celles qui sont contre les murs. Ensuite, j’ai remarqué que les gens qui entraient allaient d’abord occuper des places sans voisin. J’ai vu ainsi plus souvent quatre couples de strapontins occupés chacun d’une seule personne. Ces gens, donc, qui ne se connaissent pas, une fois qu’ils entrent dans le wagon, acceptent d’entrer dans un milieu où ils ont à côtoyer des inconnus. Le plus généralement, les gens ont l’air fermé, et ne s’adressent pas la parole, sauf quand ils viennent à plusieurs mais ils ne parlent qu’entre personnes connues.

 

 

 

J’ai remarqué aussi que les gens ont toujours ou presque un moyen de passer le temps lorsqu’elles sont seules, comme si le temps du voyage était trop long à attendre sans rien faire, ou s’ils voulaient éviter un contact extérieur en s’enfermant dans une activité personnelle (lecture musique jeu etc.).

 

 

 

Il y a aussi la présence d’artistes amateurs dans le métro, et de mendiants aux discours parfois construits, parfois improvisés, parfois répétés tant de fois qu’ils ont l’air d’être prononcés par un automate. La plupart du temps, les gens donnent à ceux qui font de la musique.

 

 

 

 

 

En bref, j’ai remarqué que le métro Parisien était un lieu emprunté majoritairement voire totalement pour son côté pratique de déplacement rapide et de grande envergure sur la région Parisienne, que les types et le nombre de passagers changeaient selon les stations et le moment de la journée. L’après-midi en semaine, il y a peu de personnes, quelques travailleurs qui prennent un déjeuner à la hâte dans le métro, des gens qui n’ont probablement pas d’emploi ou qui ont des jours de congés, bref peu de personnes, tandis que le soir, à l’heure des sorties de bureau et d’écoles, il y a bien plus de gens sur les quais et dans les wagons, possédant des bagages et ayant l’air épuisés par leurs journées. J’ai donc remarqué que les gens ne s’y trouvent pas particulièrement jovials d’une manière générale et que les mendiants le fréquentent pour sa chaleur souterraine et le nombre potentiel de donneurs de sous et de sourires.

 

 

 

Un espace social où les gens sont réunis mais ne communiquent pas, où ils sont regroupés pour des raisons personnelles et n’ont pas besoin des autres pour arriver à leurs fins, leurs destinations. Les individus s’y comportent de manière solitaire et active. 


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