L’humanisme est une doctrine qui prend comme direction la personne humaine et son épanouissement. On met la personne humaine au dessus de nous. On considère que l’Homme est la plus haute valeur que l’on doit respecter. Il faut se donner l’Homme comme fin, le mettre au centre de la pensée. Le terme « d’humanisme » n’apparaît seulement que dans les années 1830-1840. La valeur est ce qui donne des normes à la conduite morale.

On peut alors se demander quelles sont les valeurs qui soient données à l’Homme. Qu’est-ce que l’Homme ? Comment peut-on être antihumaniste ? Qu’est-ce que l’humanisme aujourd’hui ? Toutes ces questions reviendraient à nous demander si l’on peut dire que l’humanisme constitue la plus haute valeur qui soit donnée à l’Homme.

Il convient de préciser dans un premier temps la redécouverte de l’Antiquité comme fondement de l’humanisme. Ensuite il sera possible d’examiner l’humanisme des Lumières apportant une redéfinition de l’humanisme.

 

 

 

L’humanisme de la Renaissance est une contestation de la pensée médiévale progressant en révolution intellectuelle qui transformera la vision du monde et de l’Homme. Les humanistes veulent rompre avec la scolastique médiévale et proposent une redécouverte des textes originaux de l’Antiquité grecque et latine. L’humanisme propose de renouer avec les valeurs, la philosophie, la littérature et l’art de l’Antiquité classique qu’il considère comme le fondement de la connaissance. Jusqu’à la renaissance, le monde ne s’intéressait qu’aux œuvres scientifiques et médicales de l’Antiquité et de l’œuvre d’Aristote. Cette redécouverte fut enclenchée par la prise de Constantinople par les Turcs en 1543. Cet intérêt pour ces textes se manifeste d’abord en Italie durant les XIVème et XVème siècles avec des auteurs comme Boccace et Pétrarque. La diffusion de l’humanisme se fera progressivement grâce à l’imprimerie. En France, on retrouvera des auteurs comme Rabelais ou Montaigne. Ainsi les œuvres d’Homère, de Plutarque, de Virgile, de Cicéron ou de Platon sont dévoilées.

 

Les premiers humanistes ont comme point commun de dénoncer l’obscurantisme du Moyen Âge. L’humanisme est considéré au contraire comme une période de lumière qui s’oppose aux ténèbres des siècles précédents. Les humanistes vont proposer une nouvelle conception de l’Homme qui sera désormais placé au centre des intérêts. Quelles vont être les valeurs données à l’Homme ?

Jean Pic de la Mirandole exprime la pensée fondamentale des humanistes. « J’ai lu dans les livres des Arabes qu’on ne peut voir rien de plus admirable dans le monde que l’Homme ». On change la pensée religieuse par une réflexion sur l’Homme. En effet, les humanistes placent l’Homme au centre de leurs préoccupations, ils croient à la bonté et à la liberté de l’Homme. L’Homme est naturellement bon et la raison humaine respecte l’harmonie de la nature et la volonté divine. Le corps humain devient un modèle de beauté : on exalte son pouvoir créateur, son intelligence, sa vivacité et la beauté de son corps. La connaissance de soi devient également un objectif fondamental.

 

Dans sa volonté de réaliser un modèle humain, l'humaniste porte un souci particulier à la formation de l'enfant d'où les nombreux traités de pédagogie. Le mouvement humaniste finira par triompher sur les vieilles universités médiévales.

 

Erasme avance que l’Homme est libre, qu’il est le maître de son destin. Erasme se garde de prendre radicalement partie pour les idées nouvelles. Fidèle à ce positionnement de tolérance et de pacifisme, il publie en 1524, un « Essai sur le libre arbitre », où il défend l'idée selon laquelle l'Homme à la liberté de choisir sa perte ou son salut.

 

L’humanité vue comme un modèle de perfection à la nature humaine. Telle est la pensée générale de cette époque qui se verra bousculer par les philosophes les Lumières afin de renouer avec l'affirmation des valeurs primordiales libératrices.

 

 

 

A la fin du XVIème siècle, le public commence à imposer des mutations culturelles qui sont l’héritage de l’humanisme déjà transformé. La lignée des idées est plus floue, d'abord parce qu'elles n'ont jamais été très homogènes.

 

On en vient ainsi à comprendre pourquoi l’humanisme traditionnel fut violemment attaqué par des philosophes comme Marx ou Nietzsche, en passant par les philosophes des Lumières, au nom d’une conception différente de ce que peut ou doit être l’homme. Les Lumières désignent un courant de pensée du XVIIIème siècle où les philosophes sont animés par une profonde considération pour les hommes et par leur foi envers le progrès humain.

 

Il apparaît une nouvelle façon de considérer l’Homme, qui rompt avec l’idée de l’humanité comme modèle de perfection propre aux auteurs de la Renaissance. L’homme est un être physique parmi les autres et on peut l’appréhender avec les concepts et les méthodes des sciences de la nature. L’humanité qualifie une nature, une façon d’être observable et non plus un modèle ou un idéal.

 

Hobbes passe de la revendication d’une connaissance de l’homme à la construction de l’idée d’un état de nature. Il tente d’imaginer ce que serait l’homme en l’absence de toute détermination sociale, de toute loi. Cet état a pour intérêt de comprendre l’étendue de ce que la société apporte à l’homme. Pour Hobbes, à l’état de nature, les hommes sont des dangers les uns pour les autres et pour eux-mêmes. D’où sa célèbre formule « L’Homme est un loup pour l’Homme ». Pour éviter une destruction totale de l’espèce humaine, il faut s’en remettre à une personne détentrice de tous les pouvoirs qui pourrait leur permettre de survivre.

 

Comment redonner un sens au mot « humanisme » ? Dans son œuvre « Lettre sur l’humanisme » de 1946, Heidegger exprime une remise en question de l’humanisme : « Cette question dénote l’intention de maintenir le mot lui-même. Je me demande si c’est nécessaire ». Il se démarque des conceptions courantes de l’humaniste et refuse cette référence exclusive à l’Homme. Il dénonce l’oubli de l’être propre à la métaphysique occidentale qui a commis l’erreur de confondre l’être avec l’étant, c’est-à-dire, ce qui simplement est. La vérité est dans l’être lui-même. L’essence de l’Homme est d’ek-sister, donc de se décentrer par rapport à lui-même afin de devenir gardien et berger de l’être.

Ainsi, le marxisme, peut-il être indifféremment qualifié d’antihumanisme ?

On entrevoit ainsi différentes formes d’antihumanisme.

 

 

 

La théorie de l’évolution et la génétique moderne mènent les biologistes à penser que les hommes sont des animaux comme les autres. S‘ajoute à cela la réalité de l’existence contemporaine. Que reste-t-il alors de l’humanisme ?

Dans son livre intitulé « Le principe d’humanité », Jean-Claude Guillebaud émet l’hypothèse selon laquelle « la mort de l’Homme » annoncée par Michel Foucault en 1966, s’accomplirait pour de bon sous l’effet des découvertes scientifiques et des inventions techniques.

On voit qu'il n'y a aucune unité de l'humanisme, pas plus que des courants antihumanistes.

Ce qui pose beaucoup plus de problème aujourd'hui, ce serait d'ailleurs plutôt le post-humanisme, celui du surhomme, de l'Homme amélioré ou de l'Homme génétiquement modifié.